Le texte qui suit est une traduction du livre "The day after" du colonel Corso.
Qui est Philip Corso ?
philip Corso était un officier des Renseignements de l’Armée Américaine. Il a fait partie de l’équipe du Général Mac Arthur en Corée. Plus tard, il a travaillé comme Lieutenant Colonel au Bureau de Sécurité Nationale du Président Dwight. D. Eisenhower.
Pendant les 21 ans de sa carrière militaire, Corso a été décoré plus de 19 fois. Il est parti à la retraite en 1963 et s’est mis au service des Sénateurs James Eastland et Strom Thurmond comme membre d’une équipe spécialisée dans la sécurité Nationale.
Depuis, il a travaillé dans le secteur privé comme consultant. Il est apparu récemment dans une émission comme expert sur les vols de U2 au-dessus de la Russie pendant la Guerre Froide.
Introduction
En 1960 et pendant deux ans, le Lieutenant Colonel Philip Corso a mené une double vie. Il travaillait au Bureau des Technologies Étrangères au Pentagone, service de l’Armée des RD ( Recherche et Développement ). Son travail habituel consistait à enquêter sur les technologies des autres pays, comme par exemple l’hélicoptère développé par l’Armée Française pour les adapter à leurs propres technologies afin de préserver des vies militaires sur le terrain.
Corso lisait des rapports techniques et rencontrait des Ingénieurs de l’Armée afin de budgéter les projets à venir. Il envoyait des rapports à son patron, le Lieutenant Général Arthur Trudeau, chef de la section des RD de l’Armée Américaine. Celui-ci avait la responsabilité de 3000 personnes travaillant sur différents projets plus ou moins avancés.
En apparence, pour les Membres du Congrès qui surveillent le Budget et la finalité de ses dépenses, tout n’est que routine.
Une partie du travail de Corso était celle d’un officier de renseignement et de conseiller pour le Général Trudeau. C’était un travail qu’il connaissait bien pour l’avoir pratiqué pendant la Guerre de Corée. Au Pentagone, il travaillait sur les sujets les plus secrets, il avait accès à tous les documents classifiés et en faisait part au Général Trudeau.
Comme officier de renseignement, il savait que les plus grandes institutions Gouvernementales étaient infiltrées par le KGB et que cette "police étrangère" était directement dirigée par le Kremlin.
Mais en plus de toutes ces tâches, Corso eût la responsabilité du secret le mieux gardé : les Dossiers sur Roswell qui traitent de la récupération de l’épave et des bris d’une soucoupe volante qui s’est crashée à Roswell au Nouveau Mexique, ainsi que de toute la collecte d’informations par l’équipe du 509ème Groupe à Roswell.
Le dossier Roswell constitue tout l’héritage de ce qui s’est passé dans les heures et les jours qui suivirent le crash ainsi que toute la censure (cover-up) mise en place ensuite par le Gouvernement.
Corso n’était pas à Roswell en 1947 et n’en avait même pas entendu parler, à ce moment-là, tellement c’était secret, même au sein de l’Armée !
Les Militaires pensèrent, au début, que l’appareil était une arme secrète Soviétique parce qu’elle avait une certaine ressemblance avec la forme des ailes volantes Horton. Et si les Soviétiques avaient développé leur propre version de cet appareil ?
Les différentes versions de l’histoire de Roswell varient dans les détails. Comme Corso n’était pas là-bas, il a pris connaissance de ces différentes versions de la part de campeurs, d’archéologues ou du fermier Mac Brazel qui trouva l’épave.
Corso lut différents rapports militaires sur différents crashs à différents endroits à proximité de la zone militaire de Roswell, comme San-Augustin ou Corona ainsi que d’un site en ville.
Tous ces rapports étaient classifiés et donc Corso n’en fit aucune copie et ne conserva aucun de ces rapports après son départ de l’Armée.
Quelquefois, les dates du crash varient d’un rapport à l’autre, le 2, 3 ou 4 Juillet 1947.
En 1961, les informations top-secrètes sur Roswell arrivèrent en possession de Corso à son bureau des RD. Le Général Trudeau voulait que celui-ci incorpore la technologie de Roswell dans les développements d’armes en cours. Aujourd’hui, les lasers, les circuits intégrés, la fibre optique, le faisceau à particules accélérées et le Kevlar dans les gilets "pare-balles" en proviennent.
Dans les heures confuses qui suivirent la découverte de l’appareil à Roswell, l’Armée détermina qu’en l’absence de toute autre information, l’objet devait être extraterrestre. De fait, ce vaisseau et d’autres devaient surveiller les installations défensives Américaines. Ces ovnis avaient sans doute des intentions hostiles et pouvaient même avoir interféré dans le déroulement de la Deuxième Guerre Mondiale.
L’Armée estimait qu’à cause de ces événements et en raison des mutilations de bétails, ils constituaient des ennemis potentiels. Dans le même temps, les USA entraient en Guerre Froide avec les Soviétiques et le KGB infiltrait les Agences Américaines.
Les Militaires se trouvaient confrontés à deux lignes de fronts, une guerre contre les Communistes et une guerre contre les Extraterrestres qui pouvaient être un bien plus grand problème que les Communistes. Dès lors, l’Armée utilisa la technologie des Extraterrestres contre eux, en l’adaptant pour créer un système de défense spatial.
Croyez-le, si vous le voulez, voici l’histoire de ce qui s’est passé dans les jours qui ont suivi le crash de Roswell et comment un petit groupe d’Officiers des renseignements ont changé l’histoire de l’Homme.
2 - Le désert de Roswell
Corso eut connaissance de beaucoup de versions différentes de l’accident de Roswell. Beaucoup d’entre elles racontaient en substance ceci ; pendant toute la nuit du 1er Juillet, les radars du 509e Groupe de Roswell, pistèrent d’étranges signaux radar. Les radars étaient proches de White Sands, là où s’effectuaient les essais de lancement de V2 Allemands à la fin de la Guerre, on y effectuait également, dans la région, les essais nucléaires à Alamogordo. Ces bips apparaissaient à un endroit de l’écran et le traversaient à une vitesse incroyable pour disparaître ensuite. Puis ça recommençait. Aucun appareil de fabrication humaine ne pouvait se déplacer aussi vite et changer de direction si rapidement. Ou c’était un appareil ou c’était une anomalie des radars, due à de puissants éclairs d’orage. C’est pourquoi les opérateurs radars re-calibrèrent leurs appareils sans trouver de problèmes particuliers. Les observations furent confirmées par la base de White Sands.
Pendant toute la nuit et la nuit suivante, les Services de Renseignement de l’Armée restèrent en alerte de haut niveau parce que quelque chose d’étrange se passait à l’extérieur. Il fut présumé que ces appareils inconnus étaient hostiles et des éléments des Services de Renseignements furent envoyés à Roswell, au 509e Groupe, là où l’activité semblait se concentrer.
Les observations radars continuèrent la nuit suivante. Pendant ce temps, Dan Wilmot, propriétaire d’un magasin à Roswell, se tenait assis sur son perron, après dîner, pour regarder les éclairs, au loin. Peu après 22h00, les éclairs s’intensifièrent. Dan et sa femme regardaient le spectacle quand ils virent un objet ovale et lumineux passer au-dessus de leur maison et disparaître vers le Nord-Est. Ce même phénomène se produisit aussi au-dessus de Steve Robinson alors qu’il conduisait son camion de lait sur la route au Nord de la ville. Robinson vit un objet ovale lumineux passer à très grande vitesse. Les bips radars continuèrent à s’intensifier jusqu’à ce que cela devienne une violation aérienne continuelle. Dès lors, cela devenait plus sérieux. Il devenait évident aux Autorités de la base qu’ils étaient sous surveillance et pouvaient en déduire qu’il s’agissait d’activité hostile.
Les Officiers de la base pensaient que cela pouvait être des Russes espionnant la base nucléaire et son site de lancement de missiles. Mais maintenant, le service de contre-espionnage le plus secret - CIC, qui opérait en 1947, aussi bien dans le Civil que dans l’Armée envoya du personnel à l’extérieur de Roswell. Le Personnel du CIC arriva de Washington, et se mit en civil pour enquêter sur les activités de l’ennemi dans le secteur. Ces gens rejoignirent les Officiers de renseignement de la base, comme Jesse Marcel ou Steve Arnold.
Dans l’après-midi du 4 Juillet 1947, les opérateurs radars notèrent que les objets sur les écrans semblaient changer de forme. Ils émettaient des impulsions. Ils semblaient devenir plus lumineux et ensuite moins lumineux alors que d’énormes orages éclataient dans le désert.
Steve Arnold qui se trouvait dans la tour de contrôle, vit un objet sur l’écran disparaître quelques instants puis réapparaître et exploser dans une brillante fluorescence blanche et enfin disparaître pour de bon.
L’écran était vide, les bips avaient disparu. Les contrôleurs et les officiers du CIC pensèrent tous la même chose : UN « OBJET » DEVAIT S’ÊTRE ÉCRASÉ. Alors que l’opérateur radar passait l’information au Colonel Blanchard, l’équipe du CIC avait déjà mobilisé une équipe de récupération pour baliser et sécuriser la zone du crash.
Ils pensaient que c’était un appareil ennemi venu prendre des photos de la base. Ils voulaient tenir les civils à l’écart au cas ou une fuite radioactive du système de propulsion de l’appareil se produirait. En fait, personne ne connaissait le système de propulsion de cet appareil.
Blanchard donna l’ordre à l’équipe de récupération d’aller sur les lieux, le plus vite possible et d’emmener avec elle tout l’équipement nocturne possible ainsi que des camions et une grue.
Si c’était un crash, il voulait ranger l’épave dans un hangar avant que les civils ne mettent la main dessus et racontent tout aux Journaux.
Mais les Contrôleurs de la base n’étaient pas les seuls à avoir vu un appareil s’écraser dans le désert. Des fermiers, des familles qui campaient dans le désert et des habitants de la ville avaient vu un appareil exploser dans une lumière intense et tomber vers Corona.
George Wilcox, le Shériff de la ville, commença à recevoir des appels, après minuit, selon lesquels un avion s’était écrasé dans le désert. Wilcox appela les pompiers de Roswell dès qu’il eut connaissance de la localisation approximative du lieu de l’accident.
Trouver le site du crash ne fut pas bien long, un groupe de chasseurs d’antiquités Indiennes, campait dans le désert, au Nord de Roswell, et avait vu aussi la lumière pulsante et entendu un sifflement. Ces chasseurs avaient ressenti l’étrange secousse au moment du crash, à relativement faible distance. Avant d’inspecter l’étrange épave fumante, ils avaient appelé le Shériff Wilcox et lui avaient donné la position de l’accident. Wilcox envoya les pompiers à un point situé à 60 Kms au Nord-Ouest de Roswell.
Vers 04h30 du matin, un convoi de pompiers accompagné par des policiers prit la route de Pine Lodge dans le désert.
Ils ne savaient pas qu’une équipe de Militaires était aussi en route. L’équipe militaire arriva la première. Un Lieutenant, dans la jeep de tête, posta des sentinelles et des lampes tempêtes furent installées tout autour de la zone.
Là, Arnold eut sa première impression de l’épave. Ce n’était pas réellement une épave, en tout cas pas celle d’un avion qu’il ne connaisse. Dans l’obscurité, le vaisseau de couleur foncée, semblait intact et n’avait pas perdu d’éléments importants. La zone était pleine de petits débris mais le vaisseau lui-même ne semblait pas abîmé.
Les militaires installèrent des projecteurs reliés à un générateur autour du site pour compléter l’éclairage des lampes-tempête. Sous cette lumière, Arnold put voir que l’objet avait une forme d’aile delta. Il était en un seul morceau même si l’avant était profondément enfoncé dans le sol et que sa queue pointait en l’air. Avec toute cette lumière, le terrain ressemblait à un terrain de football avant une nocturne.
Pour Arnold, ça ressemblait plutôt à un atterrissage forcé parce que l’appareil était intact même s’il avait une fissure sur toute sa longueur et qu’il faisait un angle de 45° avec le sol. Il ressemblait plus à une aile volante qu’à une soucoupe volante. Il était petit et avait deux ailerons de queue qui pointaient vers le haut et vers le bas.
Dans l’ombre, Arnold vit des créatures, d’une taille de 1,2 mètre environ, étalés sur le sol. "Qui sont ces gens ?" entendit dire Arnold, alors que l’équipe médicale approchait, avec des brancards, près de la lacération, du vaisseau, à travers laquelle les corps avaient, apparemment été, éjectés.
Arnold regarda autour du périmètre de lumière et vit une autre créature immobile et une autre encore appuyée contre un petit monticule de sable. Il y avait cinq créatures à côté de la lacération dans l’appareil. Les techniciens constatèrent l’absence de radiations et les médecins accoururent vers les corps avec leurs brancards.
Arnold regarda à travers la déchirure du vaisseau et leva les yeux. De l’intérieur, c’est comme s’il faisait jour à l’extérieur. Pour être sûr, Arnold jeta un oeil à l’extérieur et il faisait trop sombre pour appeler cela l’aube, mais à travers l’appareil, Arnold pouvait voir de la lumière. Pas celle de l’aube ou celle des projecteurs, mais néanmoins de la lumière. Il n’avait jamais vu ça auparavant et il se demandait si cela pouvait être une arme, que les Russes avaient développée.
Le site du crash était un véritable chaos. Beaucoup de gens étaient présents ; il y avait des techniciens qui exécutaient des tâches spécifiques, des médecins, des opérateurs radio, des sentinelles, et bien d’autres. Tous étaient estomaqués. Ils n’avaient encore jamais vu rien de semblable auparavant.
"Hé ! il y en a un de vivant ! " entendit Arnold, et il se retourna pour voir une des petites créatures se démener sur le sol. Avec le reste des médecins, il courut vers elle et la regarda frémir et pousser un cri qui résonnait non pas dans l’air mais dans son cerveau. Il n’entendit rien avec ses oreilles mais ressentit comme une onde de folie alors que la créature se convulsait par terre en tournant la tête d’un côté à l’autre comme si elle étouffait.
C’est là qu’il entendit le cri d’une sentinelle, " Hé ! Toi !", il se retourna vers le côté opposé du site qui se trouvait dans l’obscurité." Halte ! " hurla la sentinelle à la petite créature qui essayait de grimper désespérément par-dessus la butte." Halte ! " hurla à nouveau la sentinelle tout en brandissant son arme. D’autres soldats coururent vers la colline alors que la créature glissait dans le sable et recommençait à grimper.
" Non ! ". Trop tard un des officiers avait tiré. Arnold ne put voir lequel avait tiré mais il était trop tard. Il y eut une salve de coup de feux provenant des soldats nerveux et la petite créature roula sur le sol, comme une poupée, sous l’impact des balles.
" Merde ! " cracha à nouveau l’officier, " Arnold, vous et vos hommes partez d’ici et allez arrêter les civils qui s’approchent du périmètre."
Il annonça qu’un petit convoi de véhicules approchait. Ensuite, il appela, de loin, " Médecins,par ici ! ".
Les médecins chargèrent la créature sur une civière et Arnold installa du personnel du CIC pour bloquer l’entrée du site. Il entendit l’officier ordonner aux médecins de charger les corps sur des civières puis de les mettre à l’arrière des camions GMC pour les emmener à la base immédiatement.
" Sergent ! ", dit-il, "je veux que vos hommes mettent tout ce qui peut être ramassé dans les camions et embarquez moi ce damné machin.", il indiquait l’objet en forme d’aile Delta, "avec la grue et emmenez-le. Je veux cet endroit reluisant de propreté. Rien ne s’est passé ici, vous comprenez ?". Et les soldats formèrent une ligne pour ramasser tous les débris du site.
Une équipe de M.P. fut envoyée au devant du convoi de civils qui approchait du site. Ils mirent baïonnettes aux canons, chargèrent leurs M1 et les maintinrent tendus, droit devant eux.
Dan Dwyer, un des pompiers du convoi, put voir un oasis de lumière dans l’obscurité. Son petit convoi roulait avec les gyrophares mais sans les sirènes. On lui avait dit que c’était un avion crashé.
Alors qu’il s’approchait de la zone lumineuse, qui ressemblait plus à un parc d’attractions qu’à un crash d’avion, il put voir les soldats en cercle autour de l’objet. En s’approchant encore, il put voir l’objet en forme d’aile Delta.
Trois ou quatre soldats chargeaient l’objet sur un camion et étaient occupés à le fixer avec chaînes et câbles.
Pour quelque chose, tombé du ciel, c’était plutôt indemne. Puis les soldats recouvrirent l’objet avec une bâche et il fut totalement camouflé. Un Capitaine de l’Armée s’approcha et derrière lui se tenait une ligne de soldats armés, baïonnettes au canon, avec des insignes M.P. aux bras.
" Vos gars peuvent repartir " dit le Capitaine à un officier de police de Roswell, " Nous avons sécurisé la zone".
"Et les blessés ?" demanda le policier." Pas de blessés, nous avons tout, sous contrôle. " répondit le Capitaine. Mais Dwyer put voir des petits corps sur les brancards chargés dans les camions. Deux d’entre eux se trouvaient dans des sacs à cadavres, mais un était attaché à son brancard. L’officier de police le vit aussi. Celui-là semblait vivant. "Et à propos d’eux ?" demanda t’il.
" Hé ! chargez tout ça !" dit le Capitaine aux hommes occupés à charger les brancards dans les camions. "Officier, vous n’avez rien vu ce soir ! ".
Dwyer, qui connaissait le personnel de Roswell, reconnut Jesse Marcel. Il vit aussi les débris à l’arrière des camions. Dwyer descendit de son camion et contourna la ligne de soldats dans la zone sombre. Il y avait tellement de remue-ménage que Dwyer se doutait que personne ne ferait attention à lui pendant qu’il jetait un oeil.
Il alla derrière un camion et regarda directement dans les yeux de la Créature attachée sur le brancard. Elle n’était pas plus grande qu’un enfant, pensa t’il, mais ce n’était pas un enfant. Une tête en forme de ballon et disproportionnée. Elle ne ressemblait pas à un humain bien qu’elle ait des caractéristiques humanoïdes. Ses yeux étaient larges, noirs et inclinés. Ses oreilles étaient juste des petites rainures sur les côtés de la tête. Sa bouche et son nez étaient très petits. La couleur de la créature était marron-gris et elle était complètement chauve.
Elle le regarda comme un animal pris au piège qui demande de l’aide. Elle ne produisait aucun son mais Dwyer comprit qu’elle savait qu’elle était en train de mourir.
Dwyer put voir les débris sur le sol qui provenaient de l’appareil. Il pouvait voir ces débris répandus dans le petit cratère et dans l’obscurité derrière les projecteurs. Des soldats marchaient à quatre pattes et ramassaient dans des sacs tout les débris. D’autres, devant eux, marchaient avec des détecteurs de métaux.
Il lui sembla qu’ils nettoyaient la zone. Dwyer ramassa un morceau métallique qui brillait dans le sable. Il le prit dans son poing et le roula en boule. Puis il le relâcha et le morceau reprit sa forme originale, sans aucuns plis. Il mit ce morceau dans sa poche pour le ramener à la caserne afin de le montrer à sa fille.
Un sergent M.P. s’approcha de lui et lui dit," Hé vous ! que faites vous ici ?". "Je fais partie de la compagnie des Pompiers" répondit-il le plus innocemment possible. "Hé bien vous mettez votre cul de civil dans votre camion et vous partez d’ici" ordonna t’il "Avez-vous prit quelque chose ?". " Pas moi, Sergent" dit Dwyer.
Alors le sergent l’agrippa et l’emmena jusqu’au Major qui donnait des ordres à côté du générateur alimentant les projecteurs. Il reconnut Jesse Marcel, un habitant de Roswell.
"J’ai attrapé ce pompier en train de flâner autour des débris, Major " dit le sergent.
Marcel reconnut Dwyer, bien qu’ils ne soient pas amis. Il lui jeta un regard tendu et lui dit "Vous devez partir d’ici et ne dire à personne ou vous étiez ni ce que vous avez vu". Dwyer hocha la tête. Marcel se tourna vers le sergent et dit, "Sergent, conduisez le jusqu’à son camion et faites le partir."
Dwyer remonta dans son camion et dit au chauffeur de revenir à la caserne."Vous avez l’ordre de quitter cet endroit" dit le sergent "tout de suite !".
Le camion transportant l’objet avait déjà traversé la ville de Roswell endormie. L’observation d’un grand objet bâché derrière un camion militaire n’avait rien d’inhabituel. Le soleil commençait à se lever lorsque le camion franchit la porte de la base du 509ème Groupe.
Roy Danzer, plombier, qui avait travaillé toute la nuit sur la tuyauterie de la base, savait que quelque chose se passait à cause du convoi de camions dans l’obscurité. Il se trouvait à l’Hôpital de la base pour fumer une cigarette et pour se faire soigner une coupure faite, quelques jours plus tôt.
C’est pendant cette pause qu’il vit que l’agitation à la porte de la base s’était transformée en un tourbillon de soldats pressés et qu’un groupe de M.P. repoussait la foule afin de se faire un passage. Ensuite cette foule alla directement vers l’Hôpital, tout droit vers l’endroit où se tenait Roy. Personne ne lui dit de se pousser ou de partir. En fait, personne ne lui parla.
Roy en regardant les soldats passer, vit la Créature attachée sur le brancard et portée par deux soldats. Ceux-ci entrèrent directement dans l’Hôpital. Pendant leur passage, Roy regarda la créature, la créature regarda Roy et Roy sut en un instant que ce qu’il regardait n’était pas humain. C’était une créature venant d’ailleurs.
Le regard implorant sur le visage de cette créature et le sentiment de douleur et de souffrance que Roy vit et ressentit dans sa tête, lui fit comprendre que c’était la fin pour elle. Elle ne parlait pas et bougeait à peine. Les deux porteurs jetèrent un regard mauvais à Roy en passant à côté de lui.
"Mais qu’est ce que c’est que ça ?" demanda t’il à personne en particulier. Deux MP l’attrapèrent brutalement et l’emmenèrent jusqu’à un officier, un Capitaine pensa t’il, qui posa le doigt sur le visage de Roy et lui hurla dans les oreilles, "Qui êtes-vous ?". Sans attendre de réponse, les deux autres officiers lui demandèrent avec qu’elle autorisation il se trouvait dans la base.
Ces gars ne plaisantaient pas et Danzer pensa qu’il ne reverrait jamais sa famille. Il était effrayé. Mais un Major s’approcha et brisa la tension." Je connais ce gars", dit-il, "Il travaille ici avec d’autres, il est OK".
"Major" dit le Capitaine mais le Major le prit par le bras et Danzer put les voir discuter un peu plus loin et le regarder. Le visage cramoisi du Capitaine retrouva peu à peu sa couleur normale et les deux hommes retournèrent à l’endroit où les deux MP plaquaient Danzer contre le mur.
"Vous n’avez rien vu, vous comprenez ?" dit le Capitaine à Danzer qui hocha la tête, "Vous ne direz rien, ni à votre famille, ni à vos amis, vous comprenez ?". "Oui, Monsieur" dit Danzer. Il était moins effrayé maintenant.
"Nous saurons quand vous parlerez, nous saurons ce que vous aurez dit et alors tout de vous disparaîtra, tout simplement".
"Capitaine !" le coupa le Major." Monsieur, ce gars n’a rien à faire là et s’il parle, je ne peux rien garantir." répliqua le Capitaine.
"Donc, oubliez tout ce que vous avez vu" dit le Major directement à Danzel. "Oui, Monsieur" répondit-il.
Danzel ne jeta même pas un regard derrière lui pour voir l’équipe de soldats transportant les sacs à cadavres entrer dans l’Hôpital. Les créatures furent préparées pour une autopsie.
Bull Blanchard autorisa la rédaction d’une dépêche sur "La soucoupe volante" qui fut envoyée par le service des relations publiques. Le Général Ramey ordonna à Jesse Marcel de retourner là-bas et de retirer l’histoire de la soucoupe volante. Cette fois, Marcel reçut l’ordre de dire qu’il avait fait une erreur et que les débris étaient ceux d’un ballon météo.
Dans les jours et les semaines qui suivirent le crash et la récupération, les Services de Renseignement militaire et le personnel du CIC allèrent à Roswell et dans les communautés alentours pour supprimer toute information possible ; par la violence, l’intimidation physique et d’après certaines rumeurs, il y eut même un homicide. Les Officiels de l’Armée réduisirent la Communauté au silence.
Mac Brazel qui était le propriétaire de l’endroit où le crash avait eu lieu et qui fut un des tout premiers visiteurs du site fut menacé et soudoyé. Il devint tout à coup silencieux sur ce qu’il avait vu dans le désert. Les officiers du bureau du Shériff Wilcox furent forcés d’admettre que cela était du ressort de la Sécurité Nationale et que ça ne pouvait être discuté ouvertement.
"Ce n’est jamais arrivé " décréta l’Armée.
Quelques-uns des témoins déclarèrent avoir eu des séances d’intimidations par des Militaires de Roswell. Parmi eux, la fille de Dan Dwyer, se rappelle la visite d’un officier avec des lunettes noires, dans sa cuisine, il lui dit que si elle racontait quelque chose, elle et sa famille disparaîtraient dans le désert.
La fille de Roy Danzer, elle aussi fut effrayée par la vue de son père à son retour de la base de Roswell le 5 Juillet 1947. Il ne lui raconta jamais rien mais elle entendit des bribes de conversations dans la chambre de ses parents. Ils parlaient de petites créatures et la phrase : "Ils nous tueront tous !"
Les débris récupérés dans le désert furent envoyés à Fort Bliss, Texas, et sommairement analysés.
Aussitôt arrivés, quelques-uns des débris furent envoyés à la base de Wright Airflied, future Wright Patterson. Le reste fut chargé dans des camions et envoyé à Fort Riley, Kansas.
Jesse Marcel retourna à son travail habituel comme s’il n’avait jamais touché l’épave de l’étrange vaisseau de ses propres mains.
Voici l’histoire telle qu’elle fut racontée à Philip Corso. Il n’était pas à Roswell cette nuit là.
3 - Convoi pour fort Riley
Le 6 Juillet 1947, le Lundi suivant la fête du 4 Juillet, personne ne remarqua les cinq camions entrer dans la base de Fort Riley, cet après-midi la, en provenance de Fort Bliss, Texas, et en partance pour Wright Field, Ohio.
En 1947, Corso se trouvait dans cette base de Riley, à l’école militaire. Il ne se doutait pas à cette époque que ce qui se trouvait dans ces camions atterrirait sur son bureau des années plus tard.
Tout était calme ce soir là, Corso était l’officier responsable de la garde. Alors qu’il s’apprêtait a faire sa ronde, il vit sur l’ordre de mission que Mr Brownie, un de ses amis qui faisait partie de son équipe de bowling et collègue de travail, faisait partie de la garde et que son poste se trouvait devant le vieil immeuble de la clinique vétérinaire.
Corso commença son tour des différents bâtiments afin de voir si tout le monde faisait bien son devoir et se trouvait à son poste. Corso alla à l’immeuble de la clinique où devait se tenir Brownie. Mais quand il arriva Brownie n’était pas là où il était censé être. Quelque chose n’allait pas.
"Major Corso" dit une voix dans la pénombre. La voix était excitée et terrorisée.
"Mais qu’est ce que vous faites la, Brownie ?" demanda Corso à la silhouette qui le regardait de derrière la porte. Brownie était supposé être à l’extérieur de l’immeuble, pas à l’intérieur. C’était un manquement aux règles.
"Vous ne comprenez pas, Major " chuchota t’il à nouveau," Vous devez voir « Ça »".
"Il vaudrait mieux que vous sortiez" dit Corso en s’approchant de l’endroit ou se tenait Brownie et attendit qu’il sorte." Maintenant, vous sortez pour que je puisse vous voir " ordonna t’il. Brownie sortit sa tête de derrière la porte et dit "Vous savez ce qu’il y a ici ?". L’immeuble était interdit d’accès à quiconque. Même les sentinelles devaient rester dehors parce que ce qui était à l’intérieur était classifié "Accès interdit".
"Brownie, vous n’êtes pas supposé être là" dit Corso, "Sortez et dites-moi ce qui se passe". Brownie sortit par la porte et Corso put voir que son visage était pale, comme s’il avait vu un fantôme. "Vous n’allez pas croire ça" dit-il, "Je ne le crois pas moi-même et je viens pourtant de le voir."
"De quoi parlez-vous ?" demanda Corso.
"Les gars qui ont déchargé ces caisses", dit Brownie, "ils nous ont dit qu’ils emmenaient ces caisses de Fort Bliss et que cela provenait d’un accident au Nouveau Mexique."
"Oui et alors ?" demanda Corso avec impatience. "Hé bien, ils nous ont dit que tout cela était Top-Secret mais qu’ils avaient regardé à l’intérieur des caisses. Tout le monde l’a fait pendant le chargement des caisses dans les camions. Les gars qui ont chargé ces caisses ont dit qu’ils ne croyaient pas ce qu’ils avaient vus. Vous avez l’autorisation d’accès, Major, vous pouvez venir."
Corso était l’Officier de la garde, il avait donc accès à tous les endroits de la base pendant la garde. Donc il entra à l’intérieur de la clinique vétérinaire. Il n’y avait personne à part lui et Brownie.
"C’est quoi toutes ces caisses ?" demanda t’il.
"Justement, Major, personne ne le sait" dit Brownie, "les chauffeurs nous ont dit que cela venait d’un avion crashé dans le désert quelque part autour de la base du 509e Groupe. Mais quand ils ont regardé à l’intérieur, ce n’était rien de connu. Rien qui ne soit de cette planète."
C’était la chose la plus stupide que Corso ait entendu. Lui et Brownie marchèrent jusqu’aux caisses. "Vous n’êtes pas supposé être ici" dit Corso, "Vous feriez mieux de partir."
"Je surveille dehors pour vous, Major" répondit Brownie. Corso attendit que Brownie reprenne sa place dehors. Il y avait une trentaine de caisses en bois entassées le long d’un mur. Corso utilisa sa lampe torche et marcha autour jusqu’à ce que sa vue s’habitue à l’obscurité. Corso trouva une caisse sur laquelle le couvercle semblait avoir été ouvert récemment.
Corso posa sa lampe et commença à retirer les clous qui avaient visiblement déjà été retirés. Il fit glisser le couvercle le long de la caisse, reprit sa lampe et jeta un coup d’oeil à l’intérieur.
Son estomac se retourna et Corso se figea. Cette caisse était une sorte de cercueil, mais un cercueil comme il n’en avait jamais vu. L’intérieur était entouré d’une sorte de paroi en verre et était rempli d’un liquide bleu lumineux, un peu comme un gel. La chose flottait et brillait comme la peau d’un poisson.
Au début, Corso pensa que c’était le cadavre d’un enfant qu’ils emmenaient quelque part, mais ce n’était pas un enfant.
Cela avait une forme humaine, de 120 cm de haut, avec des bras, des jambes, des pieds, et une tête énorme. Corso toucha la peau grise, mais cela ressemblait plus à une sorte de vêtement en une seule pièce qu’à de la peau.
Ses yeux avaient dû rouler dans leurs orbites parce qu’il ne put voir de pupilles ou d’iris. Ces yeux étaient démesurés et pointaient vers le bas, de chaque côté du très petit nez. Cela ressemblait à un nez de bébé. La chose n’avait pas d’oreilles, pas de pommettes saillantes, pas de sourcils et aucuns cheveux.
Elle avait une bouche très fine et fermée, ressemblant plus à un pli qu’à un orifice fonctionnel. Le corps n’avait aucun dommage et aucune indication qu’il ait été impliqué dans un accident. Il n’y avait pas de sang, pas de coupures. Dans le conteneur, Corso trouva un document des Services de renseignement militaires qui décrivait la créature comme étant un occupant d’un vaisseau qui s’était écrasé à Roswell, Nouveau Mexique, ce week-end, et envoyé à la base de Wright Field puis à la morgue de Walter Reed. Corso remit le document dans la caisse. À cause du temps perdu à examiner la chose, il avait raté certains points de contrôles de sa garde mais personne, apparemment, ne le remarqua le lendemain.
Corso espérait avoir vu une sorte de mutation humaine due à la radioactivité. Il savait qu’il ne pouvait parler de cela à personne et espérait ne jamais revoir ça. Il tenta d’imaginer l’origine de la ‘chose’ : expérience génétique Nazie, monstre de cirque mort mais il savait que cela ne pouvait être qu’une seule chose : un Extraterrestre.
Corso remit le couvercle sur la caisse et enfonça les clous avec le dos de sa lampe. Il rejoignit Brownie à la porte. "Vous savez que vous n’avez jamais vu ça" dit Corso, "et vous ne direz rien à personne".
"Vu quoi, Major ?" répondit Brownie.
Corso retourna au quartier des Officiers en repensant à l’image de la Créature.
4 - Les objets de Roswell
Corso ne revit jamais le corps de la créature sauf à travers des photos d’autopsies et des rapports médicaux envoyés à son attention en 1961, au Pentagone.
Quand Corso arriva au Pentagone, en 1961, il était Lieutenant Colonel. Il entra dans le bureau du Général Trudeau. "Alors quel est le grand secret, mon Général ?" demanda t-il à son nouveau patron. C’était une façon bizarre de parler à un Général, mais ils étaient devenus amis pendant que Corso travaillait dans l’équipe d’Eisenhower. "Pourquoi pas le bureau d’en face ?" proposa t’il.
"Parce qu’ils vous ont toujours observé, Phil" dit Trudeau. Il marcha avec Corso au travers de bureaux d’archives. "Les choses n’ont pas beaucoup changées depuis votre retour d’Allemagne." Dit il, "Nous savons qui sont nos amis et qui nous pouvons croire.".
Ils étaient en pleine Guerre Froide et il y avait des ennemis partout, alentour : dans les Services de renseignement et même à la Maison Blanche. Ils savaient que la CIA était infiltrée par le KGB.
Trudeau dit à Corso, "J’ai besoin de vous pour couvrir mes arrières, mon Colonel. J’ai besoin de vous, pour voir pour moi, parce qu’avec tout ce que j’ai à faire, je ne peux pas me protéger moi-même."
Corso devint donc l’assistant spécial de Trudeau au département de RD (Recherche et Développement), une des divisions du Pentagone et une des plus sensibles parce qu’elle travaille avec des plans très secrets et par son entremise, la conception des armes du futur devient une réalité.
Le RD était le relais entre la lueur dans l’oeil de quelqu’un et le prototype sortant d’une usine pour démontrer son potentiel. Le travail de Corso était de garder tout cela secret jusqu’à ce qu’il soit développé.
"Mais il y a autre chose que vous allez faire pour moi, Phil" dit Trudeau, "Je vais faire déplacer cette armoire dans votre bureau.". Corso avait son bureau au deuxième étage, juste sous celui de Trudeau. Il pouvait ainsi entrer par la porte de derrière dans le bureau de Trudeau sans que quiconque ne puisse le voir.
"Ce sont des dossiers spéciaux, du matériel de guerre que vous n’avez encore jamais vu. Je veux que vous les preniez sous votre responsabilité au RD" dit Trudeau.
Le rôle de Corso au RD était de lire les rapports des Services de renseignement, de visionner des tests d’armes, de discuter avec Scientifiques et Universitaires pour savoir ce qu’ils savaient du travail de leurs collègues au-delà des mers. Puis il devait écrire des propositions d’armes nouvelles dont l’Armée Américaine aurait sûrement besoin.
L’Armée cataloguait les recherches sur les armes en deux catégories : les domestiques et les étrangères. Corso devait savoir ce que les Français faisaient avec leurs hélicoptères, si les Anglais étaient capables de fabriquer un avion à décollage vertical. Il y avait le V3 Allemand, la petite-fille de la "Grosse Bertha" avec laquelle les Allemands pilonnèrent Paris pendant la Première Guerre Mondiale. Ils découvrirent après l’invasion de Normandie, tout le travail des Nazis effectué sur les avions à réactions et les nouveaux Panzers qui auraient changé le cours de la Guerre s’ils avaient eu un peu plus de temps de les développer.
Le rôle de Corso était de récupérer cette technologie, de reprendre les idées qu’ils n’avaient pas eues eux-mêmes et il devait émettre des recommandations sur la façon d’incorporer tout cela dans les plannings d’armements en cours.
"Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe habituellement dans les mains" dit Trudeau, "Je ne sais pas ce que vous avez eu l’occasion d’apprendre à ce sujet quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d’écrire quoi que ce soit, vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell."
Corso ne fit pas tout de suite, la relation entre le dossier de Roswell et ce qui se trouvait dans le bureau du Général Trudeau. Trudeau appela quatre hommes qui transportèrent l’armoire jusqu’au bureau de Corso au 2ème étage.
Trudeau dit aux hommes, "Ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Ne parlez à personne. Si quelqu’un vous arrête, dites-lui de venir me voir. C’est un ordre."
Trudeau se tourna vers Corso et dit "Pourquoi ne passeriez vous pas un peu de temps avec tout cela ? mais pas trop quand même ! ".
Corso passa quelques temps à réfléchir dans son bureau sur la raison selon laquelle ces dossiers l’attendaient dans le bureau de Trudeau et pourquoi il avait voulu lui en parler directement, seul à seul. Trudeau n’avait rempli aucun bordereau pour le transfert de l’armoire. Donc quoi que ce fût, c’était certainement sérieux et très secret.
Corso se rappela ce 6 Juillet 1947, au Kansas, où il avait vu la « Chose » dans la caisse, à Fort Riley et espérait que ce qui se trouvait dans l’armoire n’ait pas de lien avec tout ça.
Corso ouvrit l’armoire et immédiatement eut la chair de poule. Il savait déjà en regardant les boîtes à chaussures pleines de circuits et de fils enchevêtrés, l’étrange morceau de tissu de la visière nocturne et bien d’autres choses qui y étaient mêlées que sa vie allait radicalement changer.
C’était donc ça : du matériel récupéré à Roswell. Corso entendit des pas et Trudeau, passa la tête par la porte, "Vous avez regardé à l’intérieur ?" demanda-t-il.
"Qu’êtes vous en train de me faire, mon Général ?" répondit Corso, "Je pensais que nous étions amis ?!"
"C’est justement pour cela que je vous ai donné tout ça." dit Trudeau. "vous savez combien tout cela est précieux ? vous savez ce que feraient toutes les autres Agences pour l’avoir en mains ?"
"Ils me liquideraient" dit Corso. "Ils voudraient vous éliminer, de toute façon " répondit Trudeau, "L’Air Force le voudrait parce qu’elle pense que c’est à elle. La Navy le voudrait également parce qu’elle veut tout ce qu’a l’Air Force. La CIA le voudrait aussi pour pouvoir le donner aux Russes."
"Que voulez vous que je fasse, mon Général ?", demanda Corso.
"J’ai besoin d’un plan, Phil, pas seulement de savoir à qui sont, ces éléments mais surtout ce que nous pouvons en faire."
Cela ressemblait tout simplement à un complot. "Regardez ; quel est notre plus grand problème ?" demanda Corso.
"Les mêmes que ceux qui ont contribué à nous faire perdre la Guerre de Corée et que vous avez combattu à la Maison Blanche." dit Trudeau, "vous savez exactement ce que je veux dire. Cela ne doit pas tomber dans de mauvaises mains sinon aussi sûr que nous sommes dans le Pentagone, cela ira directement au Kremlin."
"Nous devons d’abord savoir ce que nous avons. C’est donc votre travail. Avons-nous quelque chose d’utilisable ?"
"Est ce que quelqu’un sait déjà ce que j’ai ?" demanda Corso.
"Ils vous épient comme ils m’épient moi-même " répondit Trudeau.
D’abord, il y avait un filament clair et flexible composé de fils, ressemblant à du verre, entortillés dans une espèce de gaine grise comme s’ils c’étaient des câbles de jonction.
C’étaient des filaments étroits, plus fins que des fils de cuivre. Quand Corso tenait la gaine à la lumière du bureau, il pouvait voir une lueur passer au travers comme s’ils la transportaient et la cassaient en différentes couleurs.
Quand le personnel trouva ceci à côté de l’épave, ils ont dû penser que c’était un relais électrique.
Ensuite, il y avait le mince morceau gris mat, en forme d’ouvre huître de 5 cm de diamètre qui ressemblait à du plastique mais qui révélait de minuscules empreintes de fils électriques, à peine en relief à la manière d’un réseau routier sur sa surface.
Ces traces avaient la taille d’une pièce de 25 cents, mais la gravure qui en résultait rappelait à Corso celle de corps d’insectes plaqués/écrasés à sa surface, en raison des centaines de pattes étalées qui en partaient à angle droit. Quelques unes de ces formes étaient arrondies et d’autres elliptiques. C’était un circuit, comme il était possible de le constater à travers une loupe, mais un circuit inconnu de Corso. C’était un morceau de circuit qui provenait d’un grand tableau de bord du vaisseau.
Corso était aussi intéressé par un dossier descriptif qui accompagnait deux pièces d’une sorte de peau noire. Comme une lentille d’œil, de forme elliptique.
Les médecins pathologistes de Walter Reed prétendaient que ces lentilles adhéraient aux yeux des Créatures extraterrestres et semblaient réfléchir la lumière existante. Même s’il faisait sombre, cela illuminait et intensifiait les images afin de permettre aux porteurs de voir les objets. Les rapports disaient que les médecins pathologistes de l’Hôpital de Walter Reed qui avaient pratiqué l’autopsie d’une de ces créatures, avaient essayé de regarder au travers en pleine nuit pour voir les sentinelles et les aides médicales marcher dans un corridor adjacent au laboratoire.
Les silhouettes étaient illuminées d’une lueur orange, selon la façon de tenir ces lentilles. Les médecins pathologistes ne pouvaient voir que les silhouettes mais avec les lentilles, ils pouvaient voir les rangées de fournitures accrochées aux murs et les objets sur les bureaux.
Corso pensa que peut-être les soldats pourraient porter une lunette de vision qui intensifierait les images afin de permettre la navigation dans l’obscurité. Ces choses ne transformaient pas la nuit en jour, elles illuminaient seulement les silhouettes des objets.
Il y avait une feuille argentée, terne, que l’on pouvait tordre, plier, comprimer et qui reprenait sa forme originale, sans aucuns plis. C’était une fibre métallique qui avait les caractéristiques de ce qui s’appellerait plus tard, "Super Résistant ". Quand Corso essayait de couper la feuille avec des ciseaux, les lames glissaient dessus. Les fibres semblaient aller dans une même direction.
Pour Corso, c’était un vêtement avec des fibres métalliques, qui avait la douceur et la malléabilité d’un tissu et la force et la résistance d’un métal.
Il y avait une description et un croquis d’un autre objet. Comme une sorte de lampe torche avec sa propre source d’énergie qui n’était pas une pile.
Les Scientifiques à Wright Field qui l’avaient examiné disaient qu’ils ne pouvaient pas voir le rayon de lumière sortir de l’objet mais que lorsqu’ils le tenaient face à un mur, ils pouvaient voir un petit rond rouge de lumière sur celui-ci. Quand ils faisaient passer un objet entre le mur et la lampe, le rayon était si intense que l’objet commençait à fumer. Ils jouèrent longtemps avec avant de comprendre que c’était un couteau extraterrestre.
Lorsque de la fumée passait dans le rayon, celui-ci devenait tout à coup visible.
Pourquoi les occupants du vaisseau avaient un couteau de cette sorte ? C’est plus tard que Corso, en lisant des rapports militaires sur les mutilations de bétail durant lesquelles des organes étaient retirés sans traumatisme des tissus, réalisa que le rayon de lumière était un scalpel qui avait été utilisé par les Extraterrestres lors d’expériences médicales sur les troupeaux.
Il y avait un objet étrange, une sorte de bandana qui avait des connexions électriques sur une face. Peut-être récupérait-il les ondes cérébrales comme un encéphalogramme. Mais aucune expérience ne prouva qu’il faisait quelque chose d’équivalent. Les Scientifiques ne savaient pas comment l’utiliser et ne savaient pas qu’elle en était la source d’énergie.
5 - À l’intérieur du Pentagone, au bureau des RD
Le Pentagone ne dort jamais, il y a toujours quelqu’un qui y travaille.
Corso passait plus de temps dans son bureau que chez lui. Soirée, week-end, tôt le matin avant l’aube, Corso réfléchissait sur la stratégie à recommander à son patron.
Tout le monde pense que le Pentagone est une énorme entité avec un seul esprit et avec un seul but. Tout le monde pense aussi que l’Armée Américaine n’a qu’un seul but que tout le monde fonctionne ensemble.
C’est totalement faux.
L’Armée Américaine et le Pentagone sont comme n’importe quelle grosse entreprise avec des centaines de bureaux différents. Beaucoup de buts différents et des ordres du jour très différents.
Comme la Navy, l’Air Force avait des partisans différents avec des buts différents. Chacun jouait avec l’autre dans un seul but : avoir la plus grosse part du budget militaire. Et au centre de tout cela, le service où serait dépensé tout cet argent par les gens qui développeraient des armes dans leur branche militaire respective.
Donc avec toutes ces tensions entre les bureaux du Pentagone, Corso ne mit pas longtemps à comprendre la politique à suivre pour son nouveau travail. Avec les rapports de terrain, les analyses scientifiques, les autopsies médicales et les débris technologiques du crash de Roswell, il devait tout laisser sous clefs.
Quand les gens pensent que vous n’êtes pas là, ils parlent. Et c’est à ce moment-là que vous apprenez des choses. Durant les deux premières semaines de son travail, Corso entendit beaucoup de choses, notamment sur la politique utilisée pour la découverte de Roswell durant les 40 ans séparant le crash et les intenses discussions à la Maison Blanche après qu’Eisenhower soit devenu Président.
Chaque branche de l’Armée avait protégé ses propres dossiers sur Roswell et avait essayé de récupérer le plus possible de matériel de Roswell. Il est à peu près sûr que tous les services avaient leurs propres rapports des Examinateurs de Walter Reed et Bethesda en ce qui concernait la physiologie des Extraterrestres.
Il était clair, pour Corso, que vu la façon dont l’Air Force et la Navy formulaient leurs plans de développements d’armes avancées, quelques pièces de même nature que celles de Corso se trouvaient dans ces autres services.
Personne ne disait rien mais tout le monde voulait savoir ce que possédait l’autre. Malgré tout, il y avait de réelles histoires qui circulaient. Par exemple, Corso entendit une rumeur selon laquelle l’Air Force gardait l’ovni à la base d’Edwards, en Californie et qu’elle étudiait la technologie du vaisseau et plus particulièrement le système de propulsion par ondes magnétiques.
D’autres rumeurs circulaient autour de l’Air force à propos de l’implication de Roswell dans le design des bombardiers en formes d’ailes. L’Armée avait développé des avions en formes d’ailes après la Première Guerre Mondiale et un an après le crash de Roswell, la compagnie Northrops commençait les essais de leur aile volante, YB49 : un bombardier.
Le YB49 avec ses 4 queues verticales était si ressemblant à la forme de l’appareil de Roswell qu’il était difficile de ne pas faire le lien.
Mais le développement des ailes volantes commença 10 ans avant l’arrivée de Corso aux RD donc il n’avait pas de preuves sur ce lien entre le bombardier et le vaisseau extraterrestre.
Le Général Trudeau avait raison lorsqu’il disait que tout le monde au Pentagone épiait le bureau des RD parce qu’ils pensaient que les RD avaient quelque chose en leur possession. Les gens voulaient savoir sur quoi les RD travaillaient, juste pour être sûr que ce n’était pas sur la même chose que la leur et que les RD ne gaspillaient pas le budget.
En plus des attentions des autres services, Corso et Trudeau devaient faire face aux analystes de la CIA. La CIA collectait le maximum de pouvoir possible. L’information c’est le pouvoir, et plus la CIA essayait de se renseigner sur les programmes de développements en cours, plus les RD étaient nerveux.
"Vous m’avez mis sur un siège brûlant, mon Général" dit Corso, "Comment la CIA sait-elle ce que nous avons ?"
"Ils ne font que des suppositions, je pense" répondit-il, "Ils doivent procéder par élimination. Regardez, tout le monde suspecte, ce que possède l’Air Force".
Trudeau avait raison. Tout le monde au Pentagone pensait que l’Air Force possédait le "SaintGraal", un vaisseau spatial et même un extraterrestre vivant.
Personne n’en était certain mais tout le monde savait qu’après la séparation de l’Air Force d’avec le reste de l’Armée, en 1948, celle-ci avait envoyé du matériel de Roswell à Wright Field, Ohio, base de l’Air Force.
La Navy avec sa technologie sous-marine et ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires luttait avec son propre problème : Les UUO ou USO - Unidentified Submerged Objets ( objets sous-marins non identifiés ) -.
La Navy cherchait où Ils avaient construit leurs bases sous-marines, bien plus en profondeur que les capacités de leurs meilleurs sous-marins. La Navy était toute pré-occupée à faire sa propre guerre contre les vaisseaux extraterrestres en l’air et sous la mer.
Les RD devaient développer un système de camouflage sur la technologie de Roswell. Ils opéraient avec le budget normal pour l’analyse des nouvelles armes.
Ils avaient des contrats avec les plus grandes entreprises nationales. Les buts des recherches étaient d’améliorer les armes actuelles avec les renseignements collectés dans les autres pays. Les Français, les Italiens, les Allemands avaient leurs propres systèmes d’armements et leurs propres développements en cours qui semblaient exotiques pour les standards Américains mais qui pouvaient avoir certains avantages.
Ce que l’Armée avait récupéré à Roswell était probablement le secret le mieux gardé. Jusqu’en 1961, l’Armée n’avait pas eu de plan particulier pour utiliser cette technologie sans en révéler sa nature.
En 1961, Trudeau lança le développement. D’abord, il fallait savoir comment les informations - rapports sur le terrain, autopsies, descriptions d’objets et les objets eux-mêmes étaient arrivés au bureau des RD. La recherche de Corso ne concernait pas le crash lui-même.
Le jour suivant le crash, Bill Blanchard du 509e Groupe, envoya les débris extraterrestres à Fort Bliss, où l’équipe du Général Roger Ramey détermina sa position finale en même temps que la censure du Gouvernement commençait à être mise en place.
Dans les heures qui ont suivi l’arrivée de Corso au Texas, il y a eut tellement de confusion sur ce qui avait été trouvé que les Officiers militaires, qui avaient la responsabilité de la découverte, créèrent rapidement une histoire de remplacement et un plan de mise au silence des témoins militaires et civils fut lancé.
L’histoire de substitution était facile, le Général Ramey ordonna au Major Jesse Marcel de se rétracter sur son histoire de soucoupe volante et de poser pour de nouvelles photos avec des débris de ballon météo, qu’il décrivit comme les restes découverts à Roswell.
Marcel suivit les ordres et la soucoupe volante devint officiellement un ballon météo.
Le silence des témoins militaires fut facile grâce à l’ordre du Général Ramey, au personnel du 509e Groupe et de Fort Bliss, de nier qu’ils faisaient partie d’une opération de récupération différente de celle d’un ballon météo. Une fois que le matériel arriva à Wright Field, sous la responsabilité du Lieutenant Général Nathan. P. Twining, Ramey nia tout de l’histoire et que ce n’était plus sous sa responsabilité.
Le Général Ramey traita l’accident comme relevant de la "Sécurité Nationale". Il déploya le Personnel des Renseignements du 509e Groupe et lui ordonna d’aller en ville pour étouffer l’histoire du crash et de sa récupération.
Aucune info ne devait filtrer, aucune spéculation n’était tolérée. L’histoire circulant sur une soucoupe volante devait cesser d’exister.
Le 8 Juillet, la suppression de l’histoire du crash était en cours. L’Armée avait fourni une nouvelle histoire pour la Presse. Les officiers du CIC soudoyaient ou menaçaient les témoins, les forçant à se rétracter sur leurs témoignages.
Mac Brazel, le fermier qui fut le premier sur le site lors de la récupération, disparut pendant deux jours puis réapparut en ville avec un pick-up neuf. Il nia n’avoir jamais vu quoique ce soit.
Les Officiers du CIC rencontrèrent les habitants de la ville et parlèrent avec les parents à propos de ce que leurs enfants entendaient dire. Quoi que les gens puissent penser sur ce qui s’était passé, l’Armée prétendait que c’était faux et que cela devait le rester.
Le travail de mise au silence fonctionna si bien que pendant les 30 années suivantes, l’histoire resta étouffée. Nathan Twining est devenu important aux yeux des ufologues à cause de son implication dans des réunions top-secrètes à la Maison Blanche. Elles avaient pour but de découvrir l’implication des ovnis dans la Sécurité Nationale.
Il intéressait aussi les ufologues en raison de ses relations avec Robert Cutler, l’assistant spécial de la Sécurité Nationale qui était le lien entre la NSC et le Président Eisenhower.
Corso était au sein de la NSC, dans les années 50.
Le Général Twining était celui qui avait fait la première étude et qui avait disséminé le matériel de Roswell. En partie à cause des ses capacités à gérer l’AMC, il devint membre d’un groupe de Militaires et de Civils rassemblés par le Président Truman afin de l’aviser sur la découverte de Roswell et des ses implications dans la Sécurité Nationale.
Le Général Twining se rendit jusqu’à la base d’Alamogordo, Nouveau Mexique et y resta jusqu’au 10 Juillet.
La base d’Alamogordo n’était pas seulement importante en raison de son site d’essais nucléaires, entre 1940 et 1950, mais aussi parce que s’y trouvait le bureau de l’AMC. Là-bas, se trouvaient les spécialistes des fusées, comme Werhner von Braun et bien d’autres. Il y avait des installations sensibles, spécialement durant l’activité ufologique de ce week-end et il est parfaitement sensé de penser qu’immédiatement après la découverte de l’ovni, le Général, qui en était responsable, ait voulu gérer cette découverte directement sur les lieux avec ses meilleurs spécialistes.
Corso n’a jamais eu connaissance du mémo du Général Twining au Président Truman, à propos de son voyage au Nouveau Mexique. Il eut vent d’histoires comme quoi Truman aurait directement contacté Twining au Nouveau Mexique et lui aurait donné l’ordre d’enquêter sur le crash et de lui rapporter directement, à la Maison Blanche, ce qu’il avait trouvé.
Corso pense que le rapport du Général Twining au Président confirmait que l’Armée avait récupéré quelque chose dans le désert et que cela suggérait la création d’un groupe pour définir la politique à adopter sur cette découverte. Dans les 48 heures après le crash, personne ne savait ce qu’était l’objet.
Pendant que les débris étaient transportés de Fort Bliss à Wright Field, le Général Twining se rendait à Wright Field pour voir les analyses et l’évaluation du trésor de Roswell.
Twining revint rapidement à son bureau. Les corps des Extraterrestres furent autopsiés dans le secret et le vaisseau et son contenu, analysés, catalogués, et préparés pour être disséminés dans différentes installations militaires. Tout ce qui avait un rapport avec le crash était classifié au plus haut niveau.
La censure officielle était très importante en 1947 et toujours aussi importante en 1961. Elle était importante parce que l’Armée était impliquée, en 1947, dans une guerre, une Guerre Froide mais une guerre quand même. Donc, l’Armée traita le matériel de Roswell comme si c’était une opération dans des conditions de combat pour que les Soviétiques ne mettent pas la main dessus.
Le Général Twining vit lui-même le matériel et avant son départ de Wright Field, il discuta avec les spécialistes des fusées qui faisaient partie de son équipe à Alamogordo. Ensuite, il compila un rapport qu’il donna au Président Truman. Il recommandait la création d’un groupe de Militaires et de Civils qui deviendrait, plus tard, le groupe responsable de ce qui pourrait devenir un futur contact avec des Extraterrestres.
Comme des histoires de crashs d’ovnis et d’observations d’ovnis apparaissaient sans cesse, le Général Twining eut besoin d’établir un chaînon de sécurité inférieur afin qu’il puisse échanger des informations avec d’autres Commandants qui n’avaient pas accès aux niveaux supérieurs. Le Général Twining avait besoin de maintenir une censure à l’intérieur même de l’Armée.
Le premier des rapports de Twining au commandant de l’Air Force à Washington datait du 23 Septembre 1947. Il était écrit à l’intention du Général George Shulgen. Ce rapport faisait état, en termes très généraux de la prise en considération, par le Service des Renseignements de l’Air Force, des ovnis. Twining écrivit un certain nombre de conclusions basées sur ses propres informations de première main, comme par exemple le matériel en possession de l’Armée.
"Les soucoupes volantes ne sont pas des illusions", disait Twining, "elles sont quelque chose de réel et pas une vision."
"Bien que certaines observations aient été dues à des météorites ou à d’autres causes naturelles" écrit-il "Ces rapports sont basés sur des observations de vrais objets".
"Approximativement de la forme d’un disque avec une taille appréciable pouvant être de fabrication humaine."
Comme le rapport n’était pas destiné au Public, Twining s’émerveilla sur les caractéristiques de ces appareils. Il écrivit que leur extrême manoeuvrabilité et leurs actions évasives pour éviter tout contact devaient être le résultat d’intentions hostiles.
Les Officiers estimaient que ces objets ainsi que leurs occupants constituaient une menace militaire.
Il décrivit le vaisseau de la même façon que les témoignages, "Réflexion lumineuse ou surface métallique. Absence de queue, excepté dans les conditions de très hautes performances. Forme circulaire ou elliptique. Plat sur le dessous et bombé sur le dessus. Vols en formation de 3 à 9 objets. Pas de sons exceptés dans quelques cas ou un grondement était entendu. Ces objets se déplacent trop vite pour être des avions de cette époque".
Pour que les USA puissent développer un tel appareil, le coût et la charge de travail nécessiteraient que le projet soit indépendant et extérieur aux développements normaux.
En fait, Twining, suggérait au commandant de l’Air Force, qui deviendrait une branche à part dans l’Armée l’année suivante, d’exploiter la technologie récupérée séparément et indépendamment des programmes de développements normaux.
La description des projets Top-secrets de la base de Nellis ou de l’Area 51, au Nevada, semblait avoir le profil des recommandations de Twining.
Il ne fut pas révélé au commandant de l’Air Force que Twining lui-même avait visité des bases au Nouveau Mexique dans les heures qui avaient suivi le crash. Le Général disait à ses patrons que les Militaires devaient traiter les soucoupes volantes comme étant de chez eux, "Les produits d’un projet de haute-sécurité", développé par les USA en dehors des circuits normaux ou développé par une puissance étrangère.
Quand Twining suggérait aux officiers de l’A.F. que toutes les branches de l’Armée devaient participer à cette information, la dispersion du matériel de Roswell était déjà en route. Et c’est pourquoi cette technologie est arrivée en possession des RD.
Trois jours après ce mémo, le 26 Septembre 1947, Twining donna son rapport sur le crash de Roswell et son implication pour les USA au Président TRUMAN et il fournit aussi une petite liste d’Officiels qu’il rassemblerait pour commencer à gérer le sujet. Ce groupe était composé de :
- Roscoe H.Hillenkoetter
Dr Vannevar Bush
Secrétaire James Forrestal
Général Hoyt Vandenberg
Dr Detlev Bronk
Dr Jerome Hunsaker
Sidney W.Souers
Gordon Gray
Dr Donald Menzel
Général Robert M.Montague
Dr Lloyd V.Berkner
Général Nathan Twining
Ce groupe, à la Maison blanche, était appelé, "Le Groupe". Il était aussi connu sous le nom "MAJESTIC 12".
Mais le plan ne s’arrêtait pas à la création de ce groupe de travail. En fait, l’opération se développa rapidement en quelque chose de plus sophistiqué parce que les soucoupes volantes de Twining ne s’en iraient pas.
De plus en plus d’informations arrivaient : des Officiers de la Police tapaient des rapports sur des civils effrayés, des pilotes de lignes étaient suivis par d’étranges objets... etc.
Le groupe réalisa qu’il devait définir une politique pour bien appréhender quelque chose qui prenait les proportions d’un phénomène de masse. Ils avaient besoin d’un dispositif pour gérer les centaines de rapports d’ovnis. Le groupe devait aussi estimer la menace de l’Union Soviétique et d’autres Pays, en présumant, bien sûr, que les soucoupes volantes ne se contentaient pas de survoler les USA.
Ce groupe devait aussi chercher à utiliser la technologie de Roswell. Il créa donc des petits comités et des sous-groupes, quelquefois des organisations complètes, comme le projet BLUE BOOK, sans qu’il n’y ait aucune fuite. Tout était dirigé par le Groupe principal.
Les plans à long terme sur la technologie de Roswell pouvaient commencer. Mais comment faire ? Où mettre le matériel ? Et comment camoufler ce que les militaires faisaient ? Twining avait un plan.
Dans le rapport 100-203-79 de 1948, intitulé, "Analyses des accidents de soucoupes volantes aux USA", les ovnis ne sont pas présentés comme des Extraterrestres mais comme des éléments de "Technologie étrangère".
Ce rapport inoffensif pour la plupart des gens parce qu’il ne disait pas que les soucoupes volantes viennent de l’Espace est un des premiers qui montre comment le plan de camouflage était supposé fonctionner pour les années à suivre.
Les auteurs de ce rapport localisèrent dans l’Administration Militaire, le seul endroit où toutes les recherches pourraient se faire : Le bureau de Recherche et Développement des technologies étrangères. Ici, le matériel pourrait être en sécurité jusqu’à ce que l’Armée décide de quoi en faire.
Il ne fallait pas appeler cela extraterrestre mais "Technologie Étrangère".
Et c’est pourquoi, 12 ans plus tard, la technologie de Roswell qui se trouvait dans une vieille armoire se retrouva dans le bureau de Corso.
6 - La Censure ou « cover-up ».
Corso entendit cette histoire racontée par l’équipe de la Sécurité Nationale d’Eisenhower, six ans plus tôt.
Pendant que le Général Twining se rendait du Nouveau Mexique vers l’Ohio, à Moscou, Joseph Staline était furieux. Il tenait une copie du "Roswell Daily Record" daté du 8 Juillet 1947.
Il n’avait pas besoin d’un journal Américain pour lui dire ce que ses gens du NKVD lui avaient rapporté une semaine avant : qu’une équipe de récupération militaire avait obtenu un vaisseau extraterrestre crashé dans le désert du Nouveau-Mexique et qu’elle était en train d’évaluer la technologie découverte.
Au début, les Renseignements Soviétiques prirent tout ça avec scepticisme. Ils pensaient que c’était une histoire fausse pour tromper leurs Espions suspectés d’avoir infiltré les bases secrètes Américaines. Ainsi, si les Soviétiques réagissaient à l’histoire, les Américains pourraient localiser ces espions. Mais quand les journaux parlèrent du crash puis du ballon météo, les Soviétiques comprirent que c’était bel et bien réel.
Lors d’une réunion avec des Scientifiques Soviétiques, Staline leur demanda ce que les USA pouvaient en faire. Dans ce groupe se trouvait le chef du programme, embryonnaire, sur les missiles à carburant liquide.
Lui et d’autres avaient les dossiers des armes secrètes Allemandes, de la fin de la guerre, et savaient exactement où en étaient les Américains avec leur programme de missiles guidés. Toutes les informations nécessaires étaient données par les agents sur le terrain. Mais ils n’avaient jamais entendu parler du crash.
Les programmes de missiles Américains étaient entièrement basés sur les recherches Allemandes récupérées avant la fin de la guerre. Ce fut le projet "PAPERCLIP" qui débuta en 1944. Les concepteurs du V2 comme Wernher von Braun, Willy Ley et d’autres furent envoyés aux USA. L’Armée Américaine s’était appropriée, avec succès, leur technologie et commençait ses essais au Nouveau Mexique.
Les Soviétiques avaient eux aussi leur propre technologie Allemande récupérée par les Services de Renseignement et par les partis Communistes locaux dans les pays occupés. Les Allemands avaient développé un Jet en forme d’aile volante, un Messerschmitt et des sous-marins U-Boat lanceurs de V1 et de V2.
Tout ce dont ils avaient besoin, était d’un peu de temps pour déployer une petite flottille de UBoat prés des côtes Américaines afin de bombarder le pays. C’était leur stratégie à la fin de l’année 1944.
Avec leurs armes nouvelles, ils pouvaient battre les Alliés. Les Américains et les Soviétiques voulaient posséder les armes Allemandes et en particulier les V2.
Après la Guerre, les deux camps étaient à égalité dans la récupération des armes Allemandes, mais le crash du vaisseau, c’était une autre affaire. Les Américains pouvaient prendre un énorme avantage sur les Soviétiques. C’est pourquoi ceux-ci cherchèrent ce que les Américains avaient bien pu récupérer du crash.
Les agents Soviétiques rapportèrent que la petite ville de Roswell parlait de petites créatures sur le site du crash et d’un vaisseau que l’Armée avait emmené dans un camion. Mais ces histoires avaient été rapidement mises sous silence grâce au Service de Renseignement militaire Américain.
Les Américains n’étaient pas les plus efficaces pour capturer des espions mais les Renseignements étaient en alerte bien avant que les Russes ne sachent qu’une soucoupe volante avait été récupérée.
Pendant l’été 1947, et à partir de la base du Nouveau Mexique, les agents du CIC questionnèrent quiconque semblait intéressé par ce qui s’était passé à Roswell. Si vous posiez des questions, un couple d’agents frappait à votre porte et fouillait vos affaires sans mandat de perquisition.
Début Août, cette méthode commença à porter ses fruits. Pendant que le Général Twining écrivait son rapport au Commandant de l’Air Force à Washington, les Commandants de la Navy et des Renseignements de la Navy savaient que les Soviétiques avaient une opération de haute priorité sur place, dans les bases militaires, autour de la région. Les agents Soviétiques étaient partout.
Roscoe Hillenkoetter, membre du Groupe sur les ovnis, du Président Truman et directeur du Service Central des Renseignements, informait le Président.
Une opération de renseignement fut immédiatement mise en place.
Il y avait beaucoup de questions : est-ce que cette soucoupe volante était un prélude à quelque chose de plus grand ? Est-ce qu’ils communiquaient avec les Soviétiques ? Étaient-ils alliés avec les Soviétiques ? Est-ce qu’ils sondaient les défenses militaires pour une invasion planétaire ?
Les Militaires avaient toujours estimé que les intentions de ces vaisseaux étaient hostiles, mais que voulaient-ils ?
Un secret si grand, à propos des soucoupes volantes, révélé au public, causerait une panique dans la population civile. C’est pourquoi un plan de camouflage élaboré fut établi. De plus, jusqu’à ce qu’ils sachent ce qu’ils possédaient, les Américains devaient tenir à l’écart les Soviétiques.
Certains disent que ce fut l’idée du Secrétaire à la Défense James Forrestal, d’autres que l’idée vint de Hillenkoetter. Corso ne le sut pas, car pendant la mise en route du plan, il se trouvait à Fort Riley, essayant d’oublier l’image de la Créature flottant dans la caisse.
Peut-être était-ce Forrestal, après tout. Il était la seule personne du cabinet qui pouvait parler au Président. Truman savait comment une histoire pouvait se transformer. C’était pareil pour le Général Twining qui s’était trouvé, lui-même, sur le site du crash. Si Truman voulait des réponses, il devait passer par quelqu’un qui s’était trouvé directement sur les lieux.
"Savons-nous à quoi s’intéressent ces emmerdeurs ?" demanda Truman à propos des Extraterrestres trouvés dans la soucoupe volante.
"C’est une question que nous devons résoudre" répondirent Forrestal et Hillenkoetter.
"Comment allez vous procéder pour cela ?" demanda Truman.
Forrester et Hillenkoetter expliquèrent qu’ils voulaient que le Président écoute ce que le Général Twining avait à dire et ensuite qu’il devait convoquer un groupe de Militaires, de Civils et de Personnels des Renseignements. Dans cette logique, quoi qu’ils décident de faire, cela ne devait pas être rendu public, pour éviter le risque de fuite auprès des Soviétiques.
"Nous ne voulons pas que les journaux et les radios aient quoi que ce soit en mains" dirent ils au Président.
"Winchell voudra me crucifier s’il découvre ce que nous allons faire." dit, apparemment, Truman lors de cette réunion. Personne n’aimait beaucoup le Président Truman et il en avait conscience.
"C’est comme le projet Manhattan, Mr le Président" lui rappela Hillenkoetter, "c’était la guerre, nous ne devions rien dire à personne. C’est à nouveau la guerre : c’est la même chose."
Ensuite, ils expliquèrent qu’après avoir convenu d’un Groupe de travail, ils voulaient créer un détachement spécial pour la recherche extérieure sur la technologie alors que la machine à espionner Soviétique était en route.
"Nous le cacherons au Gouvernement lui-même" expliqua le Secrétaire.
"Créez un nouveau niveau de sécurité juste pour ça" dit le Directeur du Centre des Renseignements. "Toutes les informations que nous déciderons de diffuser, même en interne, devront descendre à un niveau inférieur empêchant, ainsi, ceux qui auront cette information de remonter plus haut. La seule façon de cacher ça aux Soviétiques, c’est de la cacher à nous-mêmes."
Le Président réfléchissait sur la difficulté à cacher un sujet qui était devenu très chaud. Qu’était-il supposé dire quand les gens questionneraient le Gouvernement sur les soucoupes volantes ?
Comment faire des recherches sur ces étranges Créatures sans que les journaux ne mettent la main dessus ?
Comment étudier les propriétés physiques du matériel décrit par Hillenkoetter sans impliquer des gens externes au Gouvernement ?
Truman ne voyait pas comment un Gouvernement dans un Gouvernement pourrait travailler sans perdre le contrôle. Malgré les assurances de Forrestal, le Président restait sceptique.
"Et il y a un point final" dit Truman, "Devons-nous dire au peuple Américain ce qui s’est réellement passé ?".
Il y eut un silence.
"Hé bien" dit Truman, "Le faisons nous ?".
C’était une question simple avec une réponse simple, "Oui ou non". Forrestal et Hillenkoetter répondirent par réflexe, "NON". Forrestal vit cependant que ce ne serait pas aussi facile. Comme Administrateurs en temps de guerre, leur première réponse était naturellement de garder tout secret. Ce que le peuple ne sait pas, il n’avait pas besoin de le savoir. Mais le Président Truman, qui n’avait pas de passé militaire, avait vu autre chose que ni Forrestal ni Hillenkoetter n’avaient expérimenté. Si ces vaisseaux pouvaient échapper aux radars et pouvaient atterrir n’importe où, qu’est ce qui pouvait les empêcher d’atterrir devant la Maison Blanche où devant le Kremlin ? Certainement pas l’Armée Américaine.
"Alors que dirons-nous lorsqu’ils atterriront" continua Truman, "pour ne pas créer plus de panique dans la rue que si nous avions révélé d’emblée ce que nous pensons savoir maintenant. ?"
"Mais nous ne savons concrètement rien" répondit le Directeur des Renseignements. "Rien jusqu’à ce que nous analysions ce que nous avons récupéré".
Le Secrétaire à la Défense et le Directeur des Renseignements étaient d’accord avec le Président Truman sur le fait qu’il soit sceptique et plus spécialement sur ce point final de la révélation publique.
"Donc nous ne pouvons tirer aucune conclusion tant que vous n’aurez pas rencontré le Général Twining" dit Hillenkoetter. "Je pense qu’il fournira quelques réponses à nos questions."
Pendant que Hillenkoetter et Forrestal étaient en discussions avec le Président Truman à propos du groupe de travail, le Général Twining terminait ses premières analyses des rapports et du matériel envoyé à Whrigt Field. Il envoya immédiatement les restes des Extraterrestres à l’Hôpital Naval de Bethesda et à l’Hôpital militaire de Walter Reed pour différentes analyses. Le vaisseau lui-même fut envoyé à Whight Field, mais comme Twining l’avait promis dans son mémo, il se préparait à distribuer le matériel de l’épave à travers les différents bureaux militaires et civiles pour des évaluations complémentaires.
Il avait eu l’assurance de l’Amiral Hillenkoetter qu’une nouvelle classification de sécurité serait mise en place pour Roswell. Personne dans l’Armée, autres que les noms qu’il avait reçu du Président lui-même, ne possédait le niveau de sécurité suffisant pour prendre connaissance de l’histoire de Roswell que Twining devait fournir au Président et au Groupe de travail.
Trois mois après sa visite au Nouveau Mexique afin d’en savoir plus sur ce qui s’était passé à Roswell, le Général Twining rencontrait le Président Truman comme Hillenkoetter et Forrestal l’avaient suggéré. Il expliqua très clairement ce qu’il pensait de l’objet récupéré dans le désert par l’Armée. C’était en dehors de toute compréhension, décrivit-il au Président, rien qui ne pouvait venir de notre Terre. Si les Soviétiques travaillaient sur quelque chose comme ça, c’était si secret qu’aucun Commandant n’en avait entendu parler.
Pour Twining, ce qu’ils avaient trouvé n’était pas "de cette Terre". Après que le Président Truman l’ait entendu, il appela Forrestal, pendant que Twining retournait dans l’Ohio.
Il en était convaincu. C’était plus gros que le projet Manhattan et nécessitait d’être géré à une plus grande échelle et manifestement pour une longue période. Le groupe proposé par Forrestal et Hillenkoetter devait prendre en considération ce qu’ils devraient réellement gérer et pour combien de temps.
Ils devaient essayer de garder le secret du vaisseau extraterrestre crashé à Roswell. Ils devaient le cacher dans ce qui deviendrait plus tard, le plus grand programme de recherche parallèle de l’histoire, la gestion de ce qui pouvait devenir une relation entre l’Amérique et les Extraterrestres.
Le Général Twining montrait clairement dans ses analyses préliminaires qu’ils enquêteraient sur le phénomène des disques volants, Roswell inclus. Ces entités étaient hostiles, disait le Général. Si elles étaient en mission pacifique, elles n’utiliseraient pas des manoeuvres d’esquives pour éviter tout contact, même lorsqu’elles pénétraient dans l’espace aérien Américain au-dessus des installations les plus secrètes.
Elles avaient une technologie bien supérieure à la notre. Ils devaient l’étudier et l’exploiter au cas où ces Entités deviendraient plus agressives. S’ils étaient obligés de se battre dans une guerre spatiale, ils devaient comprendre mieux la nature de leurs ennemis et plus spécialement s’ils devaient préparer le peuple Américain à faire face à un ennemi.
Ça, Truman le comprenait. Il comprenait que Twining lui décrivait les étrangetés d’un vaisseau spatial qui semblait n’avoir ni moteur, ni carburant, ni aucun système de propulsion apparent, bien qu’il dépasse en vitesse nos plus rapides chasseurs. Il décrivait les curieuses créatures à l’air d’enfant, qui étaient à l’intérieur de l’appareil et dont une avait été tuée par balle.
Il décrivait le fait que l’on pouvait voir l’aube de l’intérieur du vaisseau, même si le soleil n’était pas encore levé. Il décrivait également, les débris métalliques qu’ils ne pouvaient pas brûler ou fondre, un rayon de lumière que vous ne pouviez pas voir jusqu’à ce qu’il touche un objet et le brûle,.. etc...
Plus de questions que de réponses, disait Twining. C’était hors des capacités Militaires de faire quoi que ce soit de tout ça. Ça consommerait beaucoup d’énergie humaine, disait le Général, et tout le travail à venir devrait rester secret.
Le Général Twining montra des photos de ces Créatures humanoïdes et des rapports d’autopsies qui suggéraient qu’elles étaient très humaines. Elles devaient avoir eu des rapports avec notre espèce à un moment donné. Elles étaient intelligentes et capables de communiquer. Des témoins, sur les lieux de l’accident, avaient constaté une sorte de télépathie. Ils ne savaient pas si elles venaient d’une autre planète comme Mars, dans notre système solaire ou d’une autre galaxie.
Mais elles possédaient une technologie militaire qui, apparemment, était compréhensible et exploitable même si c’était seulement pour se défendre contre les Soviétiques. Mais en étudiant ce que possédaient ces Extraterrestres, les Américains seraient capables de fabriquer un système de défense valable aussi contre Eux.
A la fin, Twining disait que comme le vaisseau extraterrestre était très ressemblant avec les ailes volantes Allemandes Horten, appareils vus par les aviateurs Américains à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, il suspectait les Allemands d’avoir trouvé quelque chose qu’e nous ne connaissions pas.
La conversation de Twining avec Werher von Braun et Willy Ley, à Alamogordo, dans les jours suivants le crash, le lui avait confirmé. Ils pensaient qu’il y avait une autre histoire à propos de ce que construisaient les Allemands. Les similitudes entre les ailes Horten et le vaisseau récupéré n’étaient pas un accident. Les Américains avaient toujours été émerveillés par la technologie avancée utilisée dans les développements d’armes Allemandes dans un temps si court et pendant la grande dépression. Avaient-ils eu de l’aide ? Peut-être les Américains seraient ils aussi en veine de chance que les Allemands et peut-être allaient-ils récupérer une partie de cette technologie pour eux-mêmes.
Avec des telles capacités de manoeuvres et d’accélérations, ce vaisseau occuperait les ingénieurs Américains pendant des années rien que pour pouvoir en intègrer le concept.
Tout ça était trop gros à cacher pendant tout ce temps alors que les journalistes tournaient comme des chiens autour d’un os. Donc, mettre tout cela sur le plus haut degré de classification n’était pas suffisant. On ne pourrait prévenir les fuites, elles pouvaient venir de partout. Le Général y pensait avant que le groupe ne prenne sa décision finale. Le Président aviserait.
Mi-septembre, tout ça était évident pour chaque membre du Groupe de travail du Président Truman. Le Groupe était constitué de :
Roscoe Hillenkoetter : Directeur du Bureau Central des Renseignements.
James Forrestal : Secrétaire à la Défense.
Le Général Nathan Twining : Commandant de l’AAF puis de l’USAF.
Donald Menzel : Astronome et expert sur les renseignements cryptographiques de la Navy.
Vannevar Bush : Président du "Joint Research and Developpement Board".
Detlev Bronk : Président du "National Research Council" et biologiste qui sera nommé au "National Committee on Aeronautics".
Le Général Robert Montague : Camarade de classe du Général Twining à West Point. Commandant à Fort Bliss, avec un niveau de commandement supérieur au Commandement de White Sands.
Gordon Gray : Secrétaire du Président Truman et Président du "CIA’s Psychological Strategy Board".
Sidney Souers : Directeur du "National Security Council (NSC)".
Le Général Hoyt Vandenberg : Directeur du "Centre Intelligence Groupe" puis chef de l’équipe de l’USAF en 1948.
Jérome Hunsaker : Ingénieur en aéronautique et Directeur du "National Advisory Committee on Aeronautics".
Llyod Berkner : Membre du "Joint Research and Development Board".
À moins que ce groupe n’établisse un plan à long terme pour protéger et développer le projet Roswell, le secret serait bientôt divulgué.
Corso pensait que c’est le Général Twining qui fit la remarque selon laquelle l’histoire était déjà éventée. Elle était sortie, dit-il, quelques heures après le crash puis s’était effacée. En fait, la population du Nouveau Mexique parlait, mais après l’histoire du ballon météo de l’Armée, les journaux Nationaux traitaient les rapports sur les soucoupes volantes comme une vision de gens qui avaient trop regardé de films de Buck Rogers. La presse Nationale avait déjà fait le travail du Groupe. Ce qui était réellement nécessaire, suggéra Twining, c’était une méthode pour rassembler l’information à propos des activités continuelles des ovnis, spécialement les crashs, les observations très probantes des pilotes ou des militaires, ou les rencontres physiques individuelles, et furtives, il fallait faire filtrer cette information par le Groupe pour que l’explication devienne un phénomène complètement identifiable et explicable.
Sous la couverture des explications des soucoupes volantes, les agences appropriées, représentées par des membres du Groupe, pouvaient enquêter librement sur le vrai phénomène ovni. Mais par-dessus tout, dit Twining, il fallait nier complètement et durablement le phénomène des ovnis jusqu’à ce que le public soit préparé à une révélation graduelle, de manière à réduire le potentiel de peur d’une confrontation avec une entité biologique plus puissante venant d’un monde différent. Cela devait être, suggéra Twining, la plus grande Censure et le plus grand programme de relations publiques jamais effectué.
Le groupe fut d’accord. Il ne formait, en fait, rien de plus qu’un gouvernement dans le gouvernement.
"Ce sera" dit le Général Twining, "Un cas où la censure est une révélation et la révélation une censure. Nier tout, mais laisser le sentiment du public faire son chemin ; rester sceptique jusqu’à ce que la vérité devienne plus acceptable".
Le groupe fut d’accord pour établir un projet d’information et de collecte. Il fut nommé BLUE BOOK, et il fut géré par l’Air Force. Pendant que les Officiels du projet BLUE BOOK donnaient des explications sur les observations, le projet entier, en fait, était une machine de collecte des enregistrements photographiques sur l’activité des soucoupes volantes pour l’évaluation et la recherche.
Les observations les plus intrigantes et ayant les plus grandes chances d’être véridiques étaient envoyées au Groupe de travail pour ensuite être envoyées aux différentes Agences de recherches.
Quand Corso entra au Pentagone, la section traitant de la recherche et de l’évaluation des soucoupes volantes s’appelait simplement "Technologie étrangère".
7 - La stratégie
Il y a une vieille histoire qu’entendit une fois Corso à propos des secrets.
Un groupe d’hommes essayaient de cacher les plus importants secrets du reste du monde. Ils prirent leurs secrets et les rangèrent dans une cabane dont la localisation était secrète. Mais la localisation secrète fut bientôt trouvée et dedans furent découverts les secrets que le groupe cachait. Mais avant que les secrets ne soient révélés, les hommes construisirent, rapidement, une autre cabane où ils rangèrent les secrets qu’ils essayaient de garder pour eux. Bientôt, la deuxième cabane fut découverte et le groupe réalisa qu’il devrait donner quelques secrets pour protéger le reste. Donc, ils construisirent une troisième cabane pour protéger tous les secrets possibles. Le processus se répéta de lui-même jusqu’à ce que quiconque voulant trouver les secrets de la première cabane poursuive sa route de cabane en cabane jusqu’à ce qu’il arrive à un cul-de-sac parce qu’il ne connaissait pas la localisation de la cabane suivante.
Pendant 50 ans, ce fut comme ça que les secrets de Roswell furent maintenus secrets et ça continue encore aujourd’hui. Ceux qui cherchent des documents Gouvernementaux déclassés afin de trouver les secrets de Roswell et les contacts que maintiennent les USA avec ceux qui les visitent, trouveront des projets, nom de code après nom de code, chacun avec ses propres dossiers, son propre système de classification, sa propre administration militaire ou gouvernementale, son propre budget et même ses propres rapports sur des documents hautement classifiés. Tous ces projets avaient la même fonction. Gérer la relation en cours avec les visiteurs extraterrestres découverts à Roswell. Ainsi, à chaque niveau, une fois la sécurité violée, pour n’importe qu’elle raison, une partie du secret était révélée à travers la dé-classification, pendant que le reste était emmené dans un nouveau projet classifié ou déplacé dans un projet déjà existant.
Pour ceux qui travaillent dans la logique militaire et gouvernementale, le gouvernement est dynamique, très réactif. Pendant toutes les années après Roswell, ils n’ont pas été seulement une poignée à vouloir savoir ce qui s’était réellement passé, ils étaient des centaines voire même bien plus. En fait, ils n’ont jamais caché la vérité, elle a toujours été là, les gens ne savaient pas ce qu’ils regardaient et ne reconnaissaient donc pas ce qu’ils voyaient.
Le projet BLUE BOOK fut créé pour calmer le Public et le satisfaire d’avoir un organisme qui permette de rapporter les observations. Les projets "GRUDGE" et "SIGN" étaient classés au plus haut niveau de sécurité afin de permettre aux Militaires d’enquêter sur les observations qui n’étaient pas explicables par des ballons, des oies, ou la planète Vénus. BLUE FLY et TWINKLE avaient d’autres buts, comme par exemple camoufler d’autres projets comme HORIZON, HARP, RAINBOW et même la SDI (Space Defense Initiative). Tous avaient en commun la technologie extraterrestre. Mais personne n’en a rien su.
Quand des journalistes, aujourd’hui, décrivent des rencontres extraterrestres, ils se tordent de rire ou vendent l’histoire aux tabloïds, lesquels impriment un dessin d’Extraterrestre avec une grosse tête, des yeux en amande, et six doigts. À nouveau tout le monde rigole, mais c’est ce à quoi ces Choses ressemblent réellement parce que Corso en a vu une en partance pour Wright Field.
Les soucoupes volantes ont vraiment volé au-dessus de Washington en 1952 et il y a plein de photos et de rapports de radars pour le confirmer. Mais ils nièrent tout et ils encouragèrent les écrivains de Science-fiction à faire des films comme "THE MAN FROM PLANET X" pour dégonfler la pression à propos de la vérité sur les soucoupes volantes. C’était appelé camouflage avec révélation limitée et ça marchait plutôt bien. Si le Public pouvait s’en amuser voire même s’en effrayer, en suivant des voies pourvues de leurres placés à cet effet par le Groupe de travail, il serait moins à même de tomber sur ce que nous faisons réellement. Mais que se passait-il réellement ?
Comme l’avait suggéré le Général Twining, dans son rapport, la "Technologie étrangère" était la section pour effectuer des recherches sur les objets extraterrestres de Roswell. "Technologie étrangère" était un terme qui englobait beaucoup : De l’hélicoptère Français, au Mig Russe capturé.
Et si quelques débris technologiques d’un étrange vaisseau en forme d’aile arrivaient dans les bureaux des RD ?
Toute cette recherche était classifiée parce qu’il s’agissait de mises au point d’armes contre les Russes et les journalistes le savaient. Donc les RD n’avaient rien à dire. Les RD étaient la couverture parfaite. Tout ce qu’avait à faire Corso, c’était de chercher quoi faire avec les objets qu’il possédait.
"Venez Phil, allons-y" dit le Général Trudeau à Corso par l’intercom de son bureau.
Corso rejoignit Trudeau dans son bureau. C’était une routine répétée 3 ou 4 fois par jour. Trudeau voulait être mis au courant en personne parce que les murs avaient des oreilles au Pentagone. Leurs discussions étaient toujours privées.
"Donc maintenant, vous savez comment le paquet est arrivé ?" demanda Trudeau. Sur une feuille, Corso avait tracé le chemin de l’information de Roswell du 509e Groupe jusqu’à Fort Bliss, puis de là, à Wright Field, le point de dissémination.
"Je me doutais que cela n’était pas arrivé par la Poste" dit-il, "Je ne pense pas qu’Elle avait un camion assez gros."
"Est-ce que cela peut nous aider à trouver ce que nous devons faire ?" demanda t’il.
Même s’il avait été négligé pendant des années, il était clair que le bureau des RD était la destination voulue de ce paquet. Le Général Twining, plus que quiconque, savait combien le budget des RD était protégé pendant les années de Guerre Froide.
Corso comprenait désormais comment la censure s’était mise en place et il voyait maintenant combien le plan du Général était brillant. À moins qu’ils ne fassent partie du groupe de travail d’Eisenhower, même les membres de la Sécurité Nationale de la Maison Blanche ne savaient pas que les RD servaient de dépôt pour les objets de Roswell. Corso en faisait partie. En fait, c’est jusqu’à ce qu’il voie les dossiers par lui-même que Corso réalisa ce que Twining et son groupe de travail avaient accompli. Au moment où Corso était à la Maison Blanche, tout était, apparemment, de l’histoire ancienne. Les gens étaient plus inquiets à propos des informations sur les observations qui inondaient chaque jour le projet BLUE BOOK que par l’histoire oubliée de Roswell.
Trudeau voulait savoir ce que les recherches de Corso avaient données et ce qu’il savait sur Roswell pendant ses années à la Maison Blanche et ce qu’il avait vu.
"Phil, nous savons tous les deux que le paquet que vous possédez n’est pas une surprise." dit Trudeau.
Corso ne répondit pas car en répondant à cela, il brisait la confidentialité auquel il était assigné par l’équipe de N.S.C. à la Maison Blanche.
"Vous n’avez rien à dire officiellement" continua t’il, "et je ne vous en veux pas. Mais vous pouvez me donner vos impressions sur la façon de parler des gens qui travaillaient pour le Groupe."
"Je n’ai pas travaillé pour le Groupe, mon Général" dit Corso, "Et quoi que j’ai pu voir ou entendre, est dû au fait que c’est passé à côté de moi. Pas parce que j’étais supposé travailler dessus."
Mais Trudeau poussa Corso à se rappeler comment la N.S.C. avait traité avec le Groupe et combien l’équipe du Centre des Renseignements, à la Maison Blanche, pressait pour avoir toute l’information possible sur ce que faisait le Groupe.
Bien sûr, Corso se rappelait de ce qui avait pu se passer à Roswell, à propos de ce qui se cachait derrière le projet BLUE BOOK et aussi à propos de ces lumières survolant Washington en 1952. En 1961, avec les informations que Corso venait de recueillir, il pouvait voir clairement ce qu’il n’avait pas compris en 1955. Il ne comprenait pas pourquoi la CIA était si agressive à propos des observations répétées d’ovnis et pourquoi elle cherchait toutes les informations possibles sur la technologie de Roswell.
Trudeau voulait savoir comment travaillait la bureaucratie, combien d’activités différentes gérait lui-même le Groupe. Le Général W. B. Smith avait remplacé Forrestal après son « suicide » durant la deuxième année de l’Administration Truman. À travers les questions du Général Trudeau, Corso se rendit compte que non seulement il connaissait déjà parfaitement l’histoire mais qu’en plus il savait quels types de problèmes rencontreraient les RD et comment les résoudre.
Ce Groupe était au-dessus du Top-secret et officiellement, n’avait pas le droit d’exister.
Des sous-groupes furent formés pour enquêter sur des zones spécifiques de la Recherche. Ces groupes avaient des niveaux de classifications inférieurs. Le groupe devait déterminer ce qui pouvait être diffusé au public et ce qui devait rester secret, coûte que coûte.
Comme dans l’histoire des cabanes, les membres du groupe créèrent de nouvelles structures de protection pour l’information qu’ils devaient préserver.
Le camouflage officiel pliait sous le poids de l’information que le Groupe devait étudier. La structure du groupe a changé depuis sa formation à la fin des années 40. Ce qui avait commencé comme un groupe de vieux amis était devenu un désordre incontrôlable dans les cinq années à suivre.
Beaucoup de morceaux du gâteau s’échappaient alentour et chaque branche militaire voulait une part du "budget noir". Il était donc nécessaire d’avoir une Administration entière juste pour gérer les gestionnaires de la censure. Ainsi, à un certain moment, en cours d’Administration Eisenhower, le grand camouflage semblait craquer. Personne ne savait ce que faisaient les autres.
Dans les années 50, une cascade d’effets se développa. Ce qui avait commencé par une simple opération de camouflage s’était fragmenté en plusieurs petites unités. Les fonctions de contrôle et de commandement commençaient à faiblir et comme un sous-marin faisant surface, des morceaux d’information émergeaient. Le CIC de l’Armée, une des forces les plus efficaces pour préserver le secret de Roswell, avait faibli à cause de la CIA et du FBI qui poussaient derrière.
À la fin des années 50, le schéma original pour perpétrer le camouflage était défectueux. Les fonctions étaient maintenant gérées par une série de groupes individuels dans les agences militaires et civiles, chacun avait accès à une information limitée, et chacun poursuivait ses propres recherches et enquêtes et chacun se comportait comme si le Super Groupe du renseignement était aux commandes.
Mais comme le Magicien d’Oz, il n’y avait pas de super groupe du Renseignement. Ses fonctions avaient été absorbées par les différents groupes, mais personne n’en parlait parce que ce Groupe n’était pas supposé exister officiellement. Et, pendant les quarante années suivantes, chaque agence crût être gérée par des gens hauts placés.
Rappelez-vous les files d’attente de voitures pendant la crise pétrolière de 1973. Quand un conducteur, pensant qu’une station d’essence était ouverte, attendait à la pompe, 50 minutes après, d’autres voitures attendaient derrière lui. De grandes files de voitures attendaient derrière des pompes qui n’ouvraient jamais parce qu’elles n’avaient pas d’essence.
C’était ce à quoi ressemblait le grand camouflage pendant l’ère Kennedy.
"Il n’y a personne à la maison" dit Trudeau en lisant les notes de Corso, "personne excepté nous. Nous devons faire notre propre politique."
Trudeau était Général, le produit d’un procédé politique et de l’approbation du Congrès. Les Généraux sont faits par le Gouvernement, pas par l’Armée. Ils se trouvent entre le Gouvernement et la vaste machine militaire. Les Généraux sont là pour créer la conduite à suivre afin que la politique militaire fonctionne telle qu’elle est censée le faire.
Trudeau s’apprêtait à appliquer une politique là où 10 ans de groupes de travails secrets avaient échoué : exploiter la technologie de Roswell.
"J’ai besoin de vous pour me dire ce que vous avez trouvé et aussi pour trouver le chemin à suivre en dehors du bureau" dit Trudeau. "Il y a sûrement quelques pièces technologiques dans vos dossiers qui pourraient faire des armes que nous pourrions utiliser pour un de nos hélicoptères. Qu’avons nous à disposition ?" dit-il "Nous devons faire quelque chose sinon personne ne le fera."
Cinq ou six personnes, à la Navy, à l’Air Force et à l’armée savaient ce que possédaient les RD et ils ne diraient rien à quiconque dans leurs branches respectives et rien à la CIA. Donc, dans le cas où ça devrait se passer dans la bureaucratie militaire, la censure deviendrait la censure de la censure, laissant chacun d’entre eux libre de faire ce qu’il veut.
Les Renseignements Militaires disaient que les Soviétiques étaient si infiltrés dans les secrets Américains qu’au Kremlin ils savaient des choses avant que les Militaires Américains soient mis au courant par le Congrès.
L’Armée savait que le KGB avait pénétré la CIA et le responsable de la CIA avait fait partie intégrante du Groupe de travail sur les soucoupes volantes depuis les années 50. Donc, quels que soient les secrets que le Groupe possédait, ce n’était certainement pas des secrets pour le KGB. Mais le KGB et la CIA n’étaient pas réellement les adversaires que tout le monde pensait.
Ils s’espionnaient les uns les autres, si bien qu’en fin de compte ils fonctionnaient comme une seule organisation. Ils étaient tous Espions professionnels. L’information est un pouvoir à utiliser. Vous ne la donnez pas simplement à vos responsables politiques, Républicains, Communistes ou autres, juste parce qu’ils vous le demandent. Vous ne pouvez pas croire les Politiciens, mais vous pouvez croire les autres espions. Les espions étaient donc, finalement, fidèles à leurs groupes et tous les groupes jouaient le même jeu. La CIA, le KGB, les Services Secrets Britanniques et d’autres Agences de Renseignement étaient loyaux envers eux-mêmes et leur profession en premier lieu, seulement ensuite vis à vis de leur gouvernement respectif.
Les Militaires savaient que le KGB, pas le Parti Communiste officiel, récupérait le maximum d’information sur le gouvernement Soviétique et la CIA sur le gouvernement Américain. Des organisations professionnelles d’espionnage comme la CIA et le KGB avaient tendance à se préserver eux-mêmes et c’est pourquoi pas plus les Militaires Russes que les Militaires Américains n’avaient confiance en eux.
Si l’on examine la grande guerre de l’espionnage pendant la Guerre Froide, on s’aperçoit que la CIA et le KGB se comportaient comme une seule organisation. Corso pensait qu’il y avait une raison à cela. Il savait qu’Ils pensaient que les Autres étaient trop stupides pour garder le monde en sécurité. Corso le pensait car il a connu des agents du KGB pendant son activité, il a de plus bénéficié de suffisamment d’information pour se faire une image de l’Union Soviétique durant les années 50 et 60 et cette image était très différente de ce que l’on pouvait lire en première page du "New York Times".
Ils savaient que dans les années 50 et 60, la CIA avait été infiltrée par le KGB et que la plupart des gens du Pentagone jouaient à l’espion entre eux. Ils changeaient d’itinéraires pour aller travailler, utilisaient toujours de fausses histoires pour tester les lignes téléphoniques non sûres, exploraient leurs bureaux à la recherche de micros espions, utilisaient toujours un code lorsqu’ils parlaient avec d’autres sur un sujet sensible.
Ils avaient un agent de renseignement qui lui-même avait des amis dans l’armée Russe qui ne croyaient pas plus au KGB qu’à la CIA. Si le nom de Corso était associé à une histoire, cet agent le prévenait, mais il ne prévenait jamais la CIA. Dans la capitale de son propre pays, ce genre d’information permit à Corso de rester en vie.
La CIA a suivi Corso de très prés pendant ses 4 années à la Maison Blanche. Cela le rendit malade. Puis lorsqu’il revint à Washington, en 1961, pour travailler avec le Général Trudeau, la CIA recommença sa surveillance rapprochée. Le jour suivant, après avoir dit à son patron ce qu’il allait faire, Corso alla directement à Langley, Virginie et entra dans le bureau de son vieil adversaire, le directeur des opérations de camouflages, Frank Wiesner, un des meilleurs amis du KGB.
Corso dit à Wiesner qu’hier serait la dernière journée durant laquelle il se promènerait sans arme. Il posa son 45 sur le bureau de Wiesner et lui dit que s’il voyait encore une surveillance rapprochée le lendemain, Wiesner serait retrouvé dans le Potomac avec deux trous à la place des yeux.
Wiesner lui dit, "Vous n’en ferez rien, mon Colonel". Mais Corso lui rappela qu’il savait très précisément où tous les cadavres étaient incinérés. Tous ces gens qu’il avait fait assassiner par son incurie et pire encore lors de sa coopération avec les Russes. Il raconterait tout ce qu’il savait au Congrès.
Wiesner se rétracta. Lors d’un voyage à Londres, Wiesner se suicida, il fut trouvé pendu dans sa chambre d’hôtel.
Corso n’a jamais raconté son histoire. Deux ans plus tard, en 1963, un des amis de Wiesner à l’Agence lui dit que tout était "Pour rire". Ça faisait partie d’un processus pour recruter Corso à la CIA après son départ à la retraite de l’Armée. Mais Corso voulait travailler pour le Sénateur Strom Thurmond, au Comité des Relations Etrangères et pour le Sénateur Richard Russel à la Commission Warren.
Leurs connaissances communes sur la CIA et le KGB faisaient que lorsque Trudeau exigeait que la CIA sorte pendant les délibérations sur le budget, il savait parfaitement que toute la discussion serait passée au KGB dans les 24 heures.
La CIA était l’ennemi. Vous ne deviez croire personne. Donc il fut évident qu’avant 1961, plus personne ne se rappelait ce que l’Armée avait reçu de Roswell. Tout ce qu’avaient à faire Trudeau et Corso, c’était d’élaborer leur propre stratégie sans faire participer la CIA et les Espions du Gouvernement.
Donc quand le Général Trudeau disait qu’ils devaient faire silence radio sur le paquet de Roswell, Corso savait exactement de quoi il parlait. Si personne ne sait ce que vous possédez, ne le divulguez pas. Mais si vous pensez que vous pouvez en tirer quelque chose à l’extérieur, dites-le. Utilisez toutes les ressources à votre disposition mais ne dites pas tout à tout le monde ce que vous faites. Les seules personnes présentes dans la pièce étaient Trudeau et Corso.
Le Général Trudeau promit, "Je ne dirais rien si vous ne dites rien, Phil."
"Il n’y a personne à part nous, mon Général" répondit Corso.
Dés lors ils commencèrent à élaborer une stratégie. "Hypothétiquement" dit Trudeau, "quelle est la meilleure conduite à tenir pour exploiter ce que nous avons sans que quiconque ne devine que nous faisons quelque chose de spécial ?"
"Simple mon Général" dit Corso, "Nous ne faisons rien de spécial"
"Vous avez un plan ?" questionna Trudeau.
"Plus une idée qu’un plan" commença Corso, "Mais elle commence comme ça : c’est ce que vous avez demandé. Si nous ne voulons pas que quelqu’un pense que nous faisons quelque chose sortant de l’ordinaire et bien, nous ne ferons rien qui sorte de l’ordinaire. Quand le Général Twining a fait ses recommandations au Président Truman et à l’Armée, il n’a pas suggéré qu’ils feraient quelque chose de différent avec ce dossier qu’avec les dossiers habituels. Donc travail habituel. C’est comme cela que le groupe opérait. Ce qu’ils ont fait, c’est d’organiser un plan de travail même si ça n’avait jamais été fait auparavant. C’était le camouflage : Ne changez pas les choses mais utilisez vos procédures habituelles pour manipuler cette technologie extraterrestre."
"Donc, quelles sont vos recommandations ? " demanda Trudeau.
"Nous allons suivre le même chemin que ce bureau a toujours utilisé : les rapports." dit Corso, "Je vais écrire des rapports sur la technologie extraterrestre comme tout autre rapport sur une technologie étrangère. Ce que je vois, ce que je pense des potentiels, où nous pouvons les développer, avec quelles entreprises et avec quels styles de contrats."
"Quand commencez-vous ? " demanda le Général.
"Je vais établir une liste du dossier, je vais aller voir les Scientifiques autorisés avec lesquels nous pouvons agir en confiance, comme Oberth et von Braun, pour des conseils."
"Je vois ce que vous voulez dire" dit Trudeau, "bien sûr, nous allons lister tous nos Entrepreneurs dans la Défense, aussi. Pour savoir lesquels ont des contrats de développements en cours qui nous permettraient d’y insérer nos projets directement."
"Exactement, les contrats existants seront la couverture sur ce que nous développerons." dit Corso, "Rien ne sortira de l’ordinaire parce que nous ne commencerons jamais rien qui ne soit déjà commencé dans un contrat précédent."
"C’est juste un grand brassage" dit Trudeau.
"Ce que nous allons seulement faire" dit Corso, "C’est de mélanger la technologie actuelle en cours de développement avec la technologie extraterrestre et nous allons laisser les entreprises déposer leurs propres brevets d’inventions."
"Bien sûr" réalisa Trudeau, "S’ils possèdent leurs propres brevets, nous aurons complètement inversé l’étude de la technologie."
"Exactement, c’est cela. Personne ne le saura jamais. Nous ne dirons jamais aux entreprises d’où vient cette technologie, ainsi le monde connaîtra l’histoire de ces brevets comme faisant partie de l’histoire des inventions."
"C’est une couverture parfaite" dit le Général, "Où allez-vous commencer ?"
"Je vais écrire mes premières analyses et recommandations cette nuit." promit Corso, "Il n’y a pas un moment à perdre."
Corso commença son propre rapport par les rapports d’autopsies dans lequel il indiqua :
"Il faisait état d’un être de 110 cm. Le corps semble décomposé et les photos elles-mêmes ne sont pas très utilisables sauf pour la curiosité. Ce sont les rapports médicaux qui sont intéressants. Les organes, les os, et la peau sont différents des nôtres. Le coeur de la créature et ses poumons sont plus gros que ceux des humains. Les os sont plus fins mais semblent plus solides comme si les atomes étaient alignés pour une plus grande résistance à la tension. La peau démontre aussi un alignement atomique différent avec ce qu’il semble avoir pour finalité de protéger les organes vitaux des rayons cosmiques ou des ondes gravitationnelles que nous ne comprenons pas.
Les rapports médicaux suggèrent que les médecins ont été plus surpris par les similitudes entre l’être trouvé dans le vaisseau et l’être humain que les différences (note : les rapports de la NSC font référence à cette créature comme une entité biologique extraterrestre ou EBE). En particulier le cerveau est plus gros dans l’ EBE mais différent du nôtre."
Corso décrivit tout ça pendant une des nombreuses nuits qu’il allait passer cette année-là, ébauchant des notes qu’

![[ L'après Roswell ] du Col. Philippe Corso Part.01/02](local/cache-texte/78e2b7324a833ca8f26b1d99ad078f42.png)
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