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L'univers ... illusion ?

le monde ne serait qu'un hologramme...

Publié le 7 mai 2005 - Modifié le samedi 28 avril 2007 :: 2314 visites robots/humains. ( Popularité: 16)

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Newton était àmille lieues de la vérité en élaborant la théorie de la gravitation et en formalisant les forces qui unissent les planètes entre elles. Einstein se trompait en donnant une dimension àl’espace et en affirmant que rien ne peut voyager plus vite que la vitesse de la lumière. Hawking est trop absorbé par les trous noirs et par le voyage dans l’espace-temps pour se rendre compte que l’univers n’est pas le reflet des théories avancées jusqu’àprésent. Telles sont les conclusions que l’on peut tirer des surprenantes hypothèses avancées par deux physiciens dissidents. S’écartant du lourd héritage de la physique classique et quantique, les scientifiques Karl Pribram et David Bohm ont mené respectivement des recherches sur des axes différents et ont abouti àla même conclusion : l’univers n’est qu’une gigantesque illusion, c’est un hologramme.

Où se niche la mémoire ?

On sait aujourd’hui que l’anmésie partielle àla suite d’un grave traumatisme crânien n’existe pas : il est impossible, par exemple, que le patient ne reconnaisse qu’une partie de ses proches ou ne se souvienne que de la moitié d’un roman précédemment lu. Le neurophysiologiste américain Karl Pribram s’est donc demandé comment les souvenirs se stockaient dans la mémoire.

Pour cela, il a remis en cause les recherches menées dans les années 1920 par le neurochirurgien canadien Wilder Penfield qui affirmait que chaque souvenir avait sa place dans un endroit précis du cerveau. Pour démonter cette affirmation qui faisait alors la quasi-unanimité, il s’appuya sur les expériences du neurophysiologiste américain Karl Lashley. Ce dernier commençait par entraîner des rats àaccomplir un certain nombre de tâches comme courir dans un labyrinthe. II prélevait ensuite au bistouri sur le cerveau des cobayes diverses quantités de matière grise, par exemple le secteur où était censé s’inscrire le processus mémoriel. Il s’aperçut que, quelle que soit la partie du cerveau d’un rat qui lui était enlevée, le rat était toujours capable d’accomplir les tâches qu’il avait appris àfaire avant l’opération. Mais Lashley ne pouvait expliquer comment cette mémoire "tout entière dans chaque partie" fonctionnait. C’est au milieu des années 1960 que Pribram eut une révélation en tombant sur un article du Scientific American décrivant le premier hologramme.


David Bohm

David Bohm était un homme àtous égards exceptionnel et, en tant que scientifique, il se révéla être un penseur particulièrement iconoclaste. En effet, il s’est mis très tôt en marge de la communauté scientifique qui, selon lui, donnait plus d’importance àla résolution de problèmes et àla compétition qu’àla pensée originale. Bohm se retira donc dans le monde de l’esprit mais fut pourtant reconnu par ses pairs comme un scientifique de premier ordre. Il obtint même l’approbation d’Albert Einstein qui, àla fin de sa vie, commença àêtre attiré par les théories de Bohm.

Quittant le continent américain sous la menace de la chasse aux sorcières anticommuniste des années 1950 et chassé du Brésil par des sympathisants nazis, Bohm alla s’établir àl’université de Londres où il embrassa le monde du mystique. En tant que proche ami du dalaï-lama, Bohm était déterminé àexplorer des interprétations alternatives de la physique quantique dont il pressentait qu’elles le conduiraient àla découverte de ces niveaux de réalité cachés dans lesquels réside la vérité de notre existance. Par malheur, Bohm mourut avant d’avoir atteint son but.


Le vertige holographique

Pour comprendre pourquoi Pribram a eu cette illumination, il faut expliquer ce qu’est l’hologramme mis au point par Denis Gabor : on l’obtient en divisant un unique rayon de lumière pure (un laser) en deux faisceaux distincts. Le premier rebondit sur l’objet àreproduire. Le second, acheminé par un jeu de miroir, entre en collision avec les ondes lumineuses diffractées du premier. II en résulte un système de franges d’interférences qui va s’enregistrer sur une émulsion photosensible. Mais, àla différence de ce qui se produit en photographie, l’ensemble des informations sont enregistrées sur chaque fragment du support. Même si l’on brise une plaque holographique en mille morceaux, chaque fragment pourra être utilisé pour reconstituer l’image entière.

C’est ce dernier aspect qui fascina Pribram car il vit une métaphore du mode de répartition des souvenirs dans le cerveau qui abrite, dans chacune de ses parties, de quoi reconstruire un souvenir dans son intégralité. Le cerveau est donc un hologramme, capable d’emmagasiner d’enormes quantités d’informations dans un très petit espace, de même qu’un seul centimètre cube de film holographique peut contenir jusqu’àdix milliards de bits d’informations. Cette découverte fondamentale allait s’avérer vraie àl’échelle du cosmos sous l’impulsion de David Bohm.


Analyse : Les Mayas

Scientifiquement, le modèle holographique de l’univers est né au XXème siècle. Mais l’hypothèse selon laquelle la réalité est composée de multiples niveaux cachés que nous ne pouvons, pour la plupart, qu’espérer entrevoir n’est pas nouvelle. Cette idée était déjàlargement développée dans les croyances de l’ancienne religion maya d’Amérique centrale. Si cette civilisation est éteinte depuis lontemps, les Mayas ont laissé de nombreux vestiges qui ont été déchiffrés en vue de comprendre leurs croyances.

Selon les Mayas, il existait, au-dessus du niveau de la Terre, treize niveaux menant jusqu’au ciel. La Terre était portée àtravers les mers sur le dos d’un énorme reptile. Les Mayas soutenaient aussi qu’il y avait neuf autres niveaux de réalité dans le monde souterrain. Le temps était vu comme une succession de cycles sans commencement ni fin. Chacun de ces cycles était déifié et le temps lui-même était un être divin. A bien des égards, le modèle holographique de l’univers confirme ces croyances Mayas.


Ordre et désordre du cosmos

La science classique répartit généralement les choses en deux catégories : un ordre découlant de l’agencement de leurs parties (flocons de neige, ordinateurs ou organismes vivants) et le chaos ou aléatoire (numéros de la roulette, le dessin d’une poignée de grains de café jetés par terre ou les décombres résultant d’une explosion). Creusant la question, l’éminent physicien David Bohm, disciple d’Einstein, constata que certaines choses étaient plus ordonnées qu’on ne le pensait et en déduisit que l’univers était hiérarchisé àl’infini. A tel point que le désordre lui-même n’était peut-être qu’une illusion.

Ordre caché

II eut confirmation de cette hypothèse gràce àune expérience simple : dans un cylindre transparent, étanche et rempli de glycérine, on verse une goutte d’encre qui flotte, immobile. Grâce àun axe de rotation central, on tourne une manivelle faisant s’étirer la goutte d’encre jusqu’àce qu’elle disparaisse. En inversant le mouvement, le filet coloré se rétracte sur lui-më me et reforme la goutte primitive. "J’y vis tout de suite une illustration de la notion d’ordre puisque la goutte conservait un ordre "caché", et j’en vins àpenser qu’il y avait làl’indice d’une autre manière d’envisager l’ordre". L’invention de Denis Gabor lui permit d’affiner cette notion d’ordre et de désordre. En effet, le système de franges d’interférences enregistré sur la plaque sensible de l’hologramme donnait une impression de désordre àl’oeil nu. Bohm acquit alors la conviction que l’univers n’est qu’un immense hologramme en perpétuel échange. Mais cette conviction nécessitait de remettre en cause l’approche scientifique classique qui aborde un problème en le divisant en ses parties élémentaires et en examinant la manière dont chacune interagit avec les autres. Cette méthode s’avérant inapplicable dans le cas de l’hologramme, Bohm pensa que toutes nos tentatives antérieures pour comprendre l’univers avaient échoué àcause de cette approche.

Pour tenter de clarifier cela, on peut imaginer un bocal àpoissons rouges contenant un unique poisson filmé par deux caméras, une face au bocal et l’autre sur le côté. L’ensemble de cette installation est caché par un paravent et les seules informations dont dispose le spectateur sont deux écrans directement reliés àchaque caméra. En regardant les deux écrans côte àcôte, on pourrait croire que l’on observe deux poissons. Mais si l’on regarde de plus près cependant, on commence àremarquer qu’il y a une sorte de connexion entre eux. Lorsque l’un tourne, l’autre aussi. Lorsque l’un fait face, l’autre présente son coté, et ainsi de suite. Ne connaissant pas la situation réelle, on peut raisonnablement en tirer la conclusion que les deux poissons communiquent instantanément. Mais c’est une illusion. D’après David Bohm, cette erreur de perception est précisément ce qui est arrivé lors des expériences d’Alain Aspect àParis. En 1983, le physicien français de l’Institut d’optique d’Orsay-Paris XI a élaboré un appareillage où des atomes de calcium stimulés au laser transportaient des paires de photons le long de tubes reliés àdes commutateurs devant analyser leur polarité. Les commutateurs mettaient dix milliardièmes de seconde àopérer leur choix, soit environ trente milliardièmes de seconde de moins qu’il n’en fallait àla lumière pour parcourir la mémo distance. Selon Alain Aspect, si les électrons peuvent communiquer àune vitesse supérieure àcelle de la lumière, c’est qu’il existe un échange d’information en dehors de tout processus physique connu. Selon Bohm, cette approche est erronée car ce qui a été observé n’est pas une communication plus rapide que la lumière mais la preuve qu’il y a un niveau de réalité plus profond que celui que nous sommes capables de percevoir. Les particules infra-atomiques ne sont pas des éléments àcomprendre séparément car elles sont, comme un hologramme, indivisibles. Comme le poisson du bocal, notre réalité physique et notre perception de l’univers ne sont donc qu’une gigantesque projection holographique qui cache le fait que toute l’existence est un réseau en forme de toile, une matrice comprenant le temps, l’espace et tout niveau de réalité.

Le neurophysiologiste Karl Pribam s’est aperçu que, comme dans un hologramme, les souvenirs existent dans n’importe quelle partie de notre cerveau Les théories de Pribram et de David Bohm portent un regard neuf sur le monde : nos cerveaux construiraient une réalité "concrète" irréelle et la réalité objective n’existerait pas. Cette idée n’est certe pas nouvelle puisque depuis des siècles, les philosophes ont prêché que le monde matériel est une illusion, comme l’est la perception de nous-mêmes en tant qu’êtres physiques dans un monde physique. Mais ce qui est remarquable dans le travail de Bohm et de Pribram, c’est que la science est en train de le prouver. Làoù le modèle holographique est vertigineux, c’est quand il donne sens àun vaste éventail de phénomènes si difficiles àcerner qu’ils restaient jusqu’àprésent exclus du champ de la science. C’est le cas de phénomènes comme la télépathie, la précognition, le sentiment de ne faire qu’un avec l’univers décrit par les mystiques et même la psychokinésie (la faculté de déplacer des objets par la concentration). Les phénomènes paranormaux méprisés par le milieu scientifique parce qu’ils n’entraient dans aucun des schémas connus devraient désormais trouver leur place dans la compréhension du monde. Certes, bien des scientifiques restent sceptiques mais le modèle holographique a ses adeptes qui disposent d’une clé permettant d’expliquer certains phénomènes déclarés inexplicables.


Applications

En 1987, l’Américain Stanislav Grof, directeur du Centre de recherches psychiatriques du Maryland, déclara que le modèle holographique était le seul àpouvoir expliquer les expériences archétypales, àsavoir les rencontres avec l’inconscient collectif et les états modifiés de conscience. En 1987, le physicien canadien David Peat de la Queen’s University soutint que la synchronicité - des coïncidences insolites et si riches de sens qu’elles ne peuvent résulter du seul hasard - trouve son explication dans le modèle holographique. Elle trahirait des processus de pensée infiniment plus connectés que nous ne le soupçonnons. Le XXème siècle a débuté avec la quête d’une théorie unifiée de l’univers, capable de combiner les forces fondamentales de la nature. Avec l’hologramme, nous entrons dans le XXIème siècle avec une possible réconciliation des mondes jusqu’àprésent opposés de la science et de la magie.


Complément d’enquête

Dennis Gabor, l’inventeur de l’hologramme Peu de gens connaissent le nom de Dennis Gabors, pourtant beaucoup d’entre nous ont sous les yeux quotidiennement l’invention de cet ingénieur en électricité hongrois qui remporta le prix Nobel de physique : presque toutes les cartes de crédit contiennent un hologramme.

Gabor, qui a fui l’Allemagne nazi en 1933, fut le premier àimaginer l’holographie, une forme de photographie en trois dimensions. Mais ce ne fut qu’en 1960, lorsque le laser fut mis au point, que Gabor put trouver une source lumineuse suffisament puissante et concentrée pour finaliser l’holographe. Quand ces images remarquables apparurent pour la première fois, elle stimulèrent l’imagination jusqu’àdonner la piste du modèle holographique de l’univers. A sa mort en 1979, Denis Gabor était devenu professeur d’électro-physique appliquée àl’Université impériale de sciences et techniques de Londres, et il détenait le brevet de cent autres inventions.

- Sources : Facteur X n°81


>>> Deuxième partie : L’univers ... illusion ? Part. II


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